Une vive tension a éclaté à Kissidougou ce week-end entre le préfet Charles Kolipé Lamah et des journalistes locaux. En mission de couverture d’une manifestation pacifique des commerçants, plusieurs reporters ont été agressés verbalement et physiquement par l’autorité préfectorale elle-même, selon les informations relayées par le journaliste Issa Touré, alias « JMJ », sur son compte Facebook.
Les faits se seraient déroulés alors que les commerçants exprimaient leur ras-le-bol face à une série de cambriolages à répétition dans leurs boutiques, un phénomène amplifié par les grandes pluies actuelles. Appelés à couvrir la manifestation dans le respect de leur devoir d’informer, des journalistes issus de médias privés ont été directement pris à partie sur les lieux.

« C’est sur le terrain que ce préfet s’est permis de les menacer avant d’injurier les journalistes des médias privés. Pire, il menace de fermer tous les médias privés », dénonce JMJ sur sa page. Face à cette situation jugée inacceptable, les journalistes de Kissidougou se sont regroupés à l’hôtel militaire de la ville, formant un collectif solidaire pour dénoncer ces atteintes graves à la liberté de la presse.
Cet incident relance une nouvelle fois la question des relations parfois tendues entre les autorités administratives locales et les professionnels des médias en Guinée. Pour le collectif, il est urgent que l’État agisse afin de garantir un environnement de travail sécurisé pour les journalistes, tout en rappelant aux autorités locales leurs devoirs républicains.
« Il y a certaines autorités qui oublient que le pouvoir est éphémère et que la presse constitue le 4e pouvoir », conclut JMJ, visiblement indigné par l’attitude du préfet.
Dans une région où les défis sociaux, sécuritaires et économiques s’accumulent, les journalistes de Kissidougou appellent désormais à un changement de posture et à la nomination d’un préfet « à l’écoute de sa population », capable de respecter le rôle essentiel de la presse dans la construction d’une société démocratique.
Ce n’est pas la première fois que le préfet Charles Kolipé Lamah se retrouve au centre d’une polémique. Il y a quelques mois, ce dernier avait ordonné le blocage du salaire de Adam Doumbouya, fonctionnaire, pour avoir exprimé, sur son compte Facebook, des critiques à l’encontre de la gestion de la préfecture. Une décision jugée arbitraire et dénoncée par plusieurs défenseurs des droits humains.
Nous y reviendrons…
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