spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

Accusé de se « victimiser », le camp de Dr Faya répond à « La Voix Républicaine- Tribune du CNRD »

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Dans une tribune récemment publiée par La Voix Républicaine-Tribune du CNRD, Dr Faya Millimouno est accusé de “victimisation politique” après avoir déclaré être la cible de menaces. En réaction, Abdoul Karim Bangoura, militant du Bloc Libéral, signe une réponse critique dans laquelle il défend la position de son leader et remet en question le traitement réservé à ses alertes. Il y dénonce un climat politique tendu et une volonté, selon lui, de discréditer toute voix dissonante.

Tout en reprenant les principaux arguments avancés par La Voix Républicaine, l’auteur de la contre-tribune conteste la logique qui consiste à exiger des preuves irréfutables avant même d’écouter une alerte. Il insiste sur la nécessité de préserver le débat démocratique, même dans un contexte de transition, et appelle à une République où l’opposition peut s’exprimer sans être immédiatement soupçonnée de manipulations politiques.

Pour vous permettre de vous  faire votre propre opinion, la tribune initiale de La Voix Républicaine est reproduite à la suite de cette réponse par notre rédaction. Bonne lecture !

Il est des tribunes qui ne méritent pas de réponse. Et pourtant, il faut y répondre, non pas pour leurs auteurs, trop englués dans leur stratégie d’amnésie utile, mais pour celles et ceux qui cherchent encore un peu de cohérence dans le tumulte politique guinéen.

Dans le royaume tropical où les transitions s’éternisent plus que les feuilletons brésiliens, il ne fait pas bon de crier au feu, même quand la cuisine politique prend feu. L’incendie ? Une alerte lancée par le président du Bloc Libéral, Dr Faya Millimouno sur les menaces reçues depuis un certain. La réaction ? Un article ou du moins une tribune opportuniste en carton-pâte, publié sous la bannière de “La Voix Républicaine”, une sorte de comité de salut public sans humour ni recul, armé de claviers trempés dans l’encre de la condescendance.

Car oui, dans leur grand élan de défense de l’État de droit (à géométrie variable), nos rédacteurs à gages n’y sont pas allés de main morte. Ils ont tordu le bras aux mots, étranglé la logique, pendu la nuance, et crucifié l’esprit critique, tout cela au nom de la “République”, comprenez : le régime actuel, version kaki et coups de sifflet.

Quand la Voix Républicaine bêle plus qu’elle ne parle…

Le texte commence fort, comme un sketch de mauvaise qualité : Dr Faya Millimouno serait dans une “quête d’attention”. Ça donne envie de rire et pleurer en même temps. On sent la plume d’un stagiaire zélé, fraîchement recruté après un stage intensif de désinformation appliquée. Oser parler de menace publique ? Ce serait faire de la “victimisation orchestrée”. Sauf que dans cette pièce de théâtre, les rôles sont inversés : ce n’est pas l’opposant qui joue la victime, c’est le pouvoir qui refuse de jouer l’État responsable.

« Il n’a porté plainte nulle part, donc il ment. »

Logique de gendarme de salonEn d’autres termes, si un homme politique ou tout autre citoyen est menacé, qu’il le prouve avec un selfie, trois témoins sous serment, une géolocalisation horodatée et la bénédiction du Haut Commandement. Sinon, circulez, y a rien à voir.

Mauvais procès pour un vrai problème

Mais à force de vouloir faire taire les avertisseurs d’alarme, on finit par confondre extincteur et cocktail Molotov. Ce que Dr Millimouno pointe du doigt n’est pas une émotion passagère ou une envie de buzz. Il parle d’un climat. Oui, un climat pesant, fait de silences qui pèsent, de regards qui glacent et de menaces sournoises. Pas de celles qu’on crie dans un mégaphone, mais de celles qui sifflent entre deux portes, qui se glissent dans un appel anonyme ou dans un mot glissé entre deux poignées de main.

Mais ça, « La Voix » qui se dit  « Républicaine » n’en parle pas. Elle préfère compter les interventions de Dr Millimouno dans les dialogues nationaux, comme s’il suffisait d’être invité à la table pour ne pas être empoisonné. Être présent n’est pas être écouté. Participer n’est pas être entendu. Encore moins être protégé.

La situation est inquiétante, c’est indéniable. Faut-il vous rappeler les cas de Foniké Menguè, Mamadou Billo Bah, Marouane Camara, Sadou Nimaga, Me Mohamed Traoré, Abdoul Sacko… pour comprendre la gravité de la situation dans laquelle les Guinéens vivent ?

Le procès d’intention, ce sport national

Et voici l’argument massue (ou plutôt la massue sans argument) :

« Il veut nuire à l’image du Président Doumbouya. »

Ah, l’image. Le Graal du régime. Plus sacré que la Constitution. Plus surveillé que les frontières. On peut saboter l’économie, museler la presse comme nous le connaissons depuis la fermeture des médias privés, neutraliser les partis… mais malheur à qui égratigne l’image du Chef. C’est tout juste s’il ne mérite pas l’exil.

Mais que dit vvraiment DrFaya Millimouno ? Il dit que des gens,  dont il taira les noms pour des raisons évidentes, tentent de lui faire ravaler ses opinions. En langage démocratique, ça s’appelle une alerte. En langage autocratique, c’est un affront. Et pour le pouvoir et ses scribouillards, c’est impardonnable.

Une tribune au service du silence

Le plus cocasse dans cette histoire, c’est qu’en voulant réduire au silence Dr Faya, ces défenseurs autoproclamés du régime l’ont remis sous le feu des projecteurs. C’est le syndrome du mégaphone : plus on veut étouffer une voix, plus on l’amplifie.

Et que dire de leur prétention morale ? Ils parlent de “caution morale” pour désigner ce qu’eux-mêmes ont définitivement perdu. Car à force de jouer les commissaires politiques, ils oublient l’essentiel : dans une démocratie (même en chantier), les opposants ont le droit de parler, d’alerter, de dénoncer, et oui, parfois, d’accuser. Cela s’appelle le débat public. Ce n’est pas de la victimisation, c’est de la respiration démocratique.

Leçons de République par des élèves recalés

« La Voix Républicaine » veut nous faire croire qu’un vrai patriote est celui qui applaudit tout, se tait quand il souffre, et remercie quand on le piétine. Bref, un citoyen sous sédatif. Mais à ce jeu-là, ce n’est pas Dr Millimouno qui menace la République, c’est bien cette vision anémique de la citoyenneté.

À ceux qui brandissent la République comme une matraque, on rappellera que celle-ci n’a de valeur que lorsqu’elle protège toutes les voix, surtout celles qui dérangent. Car une démocratie sans opposition n’est qu’un théâtre où l’on joue à se faire peur.

Notre leader, Dr Faya n’a pas demandé l’asile, n’a pas pris les armes, n’a pas appelé à l’insurrection. Il a juste dit qu’il reçoit des menaces. Et pour cela, il s’est vu accuser de mettre la République en danger. Si c’est ça, être une menace, alors nous sommes tous, un jour ou l’autre, des menaces ambulantes.

Alors, cher·e·s gardien·ne·s autoproclamé·e·s de la République, baissez d’un ton. Car à force de hurler “au loup” contre ceux qui crient “attention”, c’est vous qui finirez par faire fuir la démocratie pour de bon. Et ce jour-là, plus personne ne l’écoutera, même pas vos tribunes.

Abdoul Karim Bangoura, militant éclairé du Bloc Libéral

‐—————————————‐————————‐-

Ci-dessous la tribune de La Voix Républicaine -Tribune du CNRD :

Victimisation politique ou stratégie d’évitement ? Quand Dr Faya Millimouno agite des accusations sans fondement.

Tribune par la Voix Républicaine – Conakry, 23 juillet 2025

Depuis plusieurs jours, une narrative tendancieuse alimente les débats politiques : Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral, se dit menacé pour ses prises de position. Immédiatement, certains médias et alliés politiques ont embrayé sur cette prétendue intimidation, pointant du doigt, sans la moindre preuve, le régime du Général Mamadi Doumbouya. Une accusation grave, irresponsable et surtout, infondée.

Soyons clairs : aucune preuve tangible n’accrédite les propos de Dr Millimouno. Aucun élément concret, aucune plainte officielle, aucun fait vérifiable n’a été mis à la disposition de l’opinion. Faut-il rappeler que nous sommes dans une République régie par la Charte de la Transition, qui garantit la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la sécurité de chaque citoyen, quelles que soient ses convictions ?

Accuser sans preuve un régime en pleine phase de refondation, c’est saper les bases mêmes du dialogue politique que l’on prétend défendre. C’est travestir la réalité d’un État qui, depuis décembre 2021, œuvre à consolider la démocratie, restaurer l’autorité de l’État et moderniser les institutions.

Le régime du CNRD n’a cessé de prouver son attachement à l’ouverture politique. Dr Faya Millimouno a participé librement à tous les dialogues, a tenu toutes ses conférences de presse sans aucune entrave. Il s’est exprimé, souvent avec virulence, mais toujours en toute liberté. Alors pourquoi aujourd’hui cette posture de victime ?

La victimisation n’est pas un programme politique. Elle ne remplace ni les idées, ni les propositions concrètes. Elle est une fuite en avant, un écran de fumée pour masquer un isolement politique croissant.

Pendant que le Président Mamadi Doumbouya construit, réforme, et stabilise, certains, comme Dr Millimouno, préfèrent accuser plutôt que proposer, diviser plutôt qu’unir, soupçonner plutôt que bâtir.

 

Nous invitons la CPR et les formations politiques sérieuses à faire preuve de responsabilité. La Guinée a besoin d’un débat franc, honnête et constructif. Pas d’accusations stériles.

La vérité ne se crie pas, elle se prouve.

 Signé: Par La Tribune du CNRD.

Une voix une vérité. 

Un écho pour la République.

 

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS