En Guinée, les soupçons récurrents de détournements de fonds publics et de corruption à grande échelle interpellent tout citoyen soucieux de la bonne gouvernance. En tant qu’expert en contrôle de gestion, je suis profondément préoccupé par la faiblesse du dispositif de contrôle interne dans notre administration publique. L’intégrité individuelle, bien qu’essentielle, ne suffit pas à elle seule. Il est impératif de mettre en place un système structuré, capable de prévenir, détecter et corriger les risques de fraude et de mauvaise gestion.
Une administration vulnérable sans contrôle interne
Le bon fonctionnement de l’État repose sur la transparence, la redevabilité et l’efficacité. Or, l’absence ou l’insuffisance de mécanismes de contrôle interne expose nos institutions à des dérives coûteuses. Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt, mais de reconnaître que la faiblesse des contrôles favorise les abus et nuit à la qualité du service public.
Un scan organisationnel : point de départ d’une réforme
La réforme doit commencer par un état des lieux rigoureux du fonctionnement de nos institutions, depuis la Présidence de la République jusqu’aux collectivités décentralisées. Il est essentiel d’évaluer leur capacité de gestion financière, d’identifier les failles organisationnelles et de proposer des solutions d’optimisation des processus pour réduire la lourdeur administrative.
Des actions concrètes pour un changement durable
– Renforcer ou créer une entité autonome de contrôle interne, dotée de moyens et d’une indépendance fonctionnelle.
– Former les agents publics à la gestion des risques, à l’éthique et à la redevabilité.
– Mettre en place un plan d’action de suivi des recommandations issues des audits et évaluations.
– Exiger la publication régulière des états financiers des ministères, agences et entreprises publiques.
– Soumettre chaque entité publique à des audits annuels réalisés par la Cour des comptes et des auditeurs indépendants.
L’argent du contribuable mérite une traçabilité exemplaire
Chaque franc dépensé par l’État doit être justifié conformément aux objectifs de service public. Il en va de la confiance des citoyens, de la crédibilité de nos institutions et de la qualité des services rendus à la population.
Conclusion
Le contrôle interne ne doit plus être perçu comme une contrainte, mais comme un levier stratégique de performance et de transparence. Il est temps que l’administration guinéenne place ce dispositif au cœur de ses priorités pour bâtir une gouvernance exemplaire, au service du développement et du bien-être collectif.
Mohamed DIAWARA,
Contrôleur Financier chez Enabel | Expert en Contrôle de Gestion | Spécialiste en Management de Projets Internationaux | Analyste Financier







