Le Bloc Libéral (BL), dirigé par Dr Faya Lansana Millimouno, ne décolère pas face aux premières statistiques issues du Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (RAVEC), publié par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Pour le leader du BL, ce processus cache une opération de fraude électorale maquillée, notamment à travers l’enrôlement présumé de mineurs et une répartition inéquitable des kits d’enrôlement.
« Nous avons suivi la présentation des premiers chiffres de ce processus de recensement des électeurs. Ils appellent ça RAVEC pour créer la confusion. C’est un recensement électoral. Le fait de recenser les enfants de 10 ans, c’est déjà une fraude. Mais en appelant cela RAVEC, ils pensent que la fraude peut être acceptable. Ce n’est pas acceptable », a dénoncé Dr Faya Millimouno chez www.guineenews.org.
Selon lui, le ver est dans le fruit depuis le lancement du processus. Le BL aurait déjà tiré la sonnette d’alarme sur les dérives possibles, mais sans réponse des autorités. Aujourd’hui, le parti monte au créneau et dénonce une tentative de manipulation démographique à des fins politiques.
Kankan, suréquipée… pour surclasser ?
Le président du BL pointe également une répartition injuste des moyens techniques : Kankan, selon ses propos, aurait bénéficié d’un nombre de kits d’enrôlement bien supérieur à celui des autres régions, y compris Conakry.
« Montrer qu’il y a eu plus de recensés dans la région administrative de Kankan, ça allait de soi. Parce que la région administrative de Kankan a eu plus de kits que n’importe quelle autre région, y compris la région de Conakry. »
Dès lors, le fait que Kankan ressorte comme la région la plus peuplée dans les premiers chiffres du RAVEC ne serait, selon lui, que le fruit d’un déséquilibre volontairement orchestré. Il y voit une manipulation des données pour légitimer un avantage électoral futur.
Conakry, la grande oubliée ?
Dr Faya Millimouno remet aussi en question le découpage administratif actuel, qu’il estime mal pris en compte dans le traitement des données. Conakry, selon lui, englobe désormais de vastes zones périurbaines comme Kagbélen, Manéah ou Sanoyah, ce qui en ferait la région la plus peuplée du pays.
« Le fait qu’on présente le nombre d’enrôlés à Kankan plus élevé que le nombre d’enrôlés à Conakry en sachant que Conakry d’aujourd’hui n’est plus Conakry d’hier… ça, c’est extrêmement loin de la réalité. C’est la fraude qui a commencé par une mauvaise répartition qui justifie tout cela », a-t-il martelé.
Un appel à la vigilance
À travers cette sortie médiatique, le Bloc Libéral invite à une relecture rigoureuse du processus du RAVEC, qu’il considère comme un déguisement du recensement électoral, entaché par des irrégularités graves et inacceptables.
Cette prise de position s’ajoute à d’autres critiques déjà formulées par des formations politiques et des acteurs de la société civile. Le débat sur la crédibilité du RAVEC est donc loin d’être clos.
Pour rappel, le RAVEC est officiellement présenté par les autorités comme un recensement à but administratif et civil. Mais plusieurs partis y voient un processus à visée électorale déguisée.
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