Le réveil a un goût amer ce matin dans la cité du Nabaya. Les habitants ont découvert, presque abasourdis, une augmentation brutale du prix du pain : de 3000 à 5000 francs guinéens en l’espace de quelques heures. Une hausse de 2000 francs qui passe mal, très mal, surtout dans un contexte économique déjà étouffant pour nombre de foyers.
Un aliment de base devenu un luxe
Jusqu’au soir du 21 juillet, une mise de pain se négociait encore à 3000 GNF dans les boutiques et boulangeries. Mais à l’aube du 22, sans préavis, le prix grimpe. Le choc est immédiat. À Kankan, où le pain occupe une place de choix sur les tables, ce changement abrupt suscite colère, incompréhension et inquiétude.
Des témoignages poignants

Notre correspondant sur place a tendu son micro à plusieurs citoyens. Moussa Moïse Bérété, jeune diplômé sans emploi, confie sa détresse :
« Cette situation nous a vraiment surpris. Comme d’habitude, j’achète le pain à 3000, mais ce matin, quand je suis allé en acheter, on m’annonce 5000. Même à 3000, on avait du mal à s’en procurer. Nous sommes étudiants sans emploi. Cette hausse va vraiment nous fatiguer. »

Dans les foyers, ce sont surtout les femmes qui encaissent le choc. Mariame Kaba, mère de famille, ne cache pas son amertume :
« Cette hausse du prix n’a pas été annoncée. Hier nuit, j’ai envoyé les enfants acheter du pain, ils n’en ont pas trouvé. Ce matin, on apprend que c’est à 5000 francs. Le pain, c’est la base pour les enfants. Cette décision nous décourage. On aurait au moins dû nous prévenir. »

Même son de cloche chez Moriba Sana Konaté, étudiant également :
« C’est vraiment inquiétant. Déjà à 3000, c’était difficile. Maintenant à 5000, comment allons-nous faire ? »

Du quartier Farako, Mamoudou I. Doumbouya, appelle à la responsabilité des boulangers :
« Je comprends que la situation économique est difficile, mais si les boulangers pouvaient reconsidérer cette hausse, ce serait un vrai geste pour soulager la population. C’est dur pour tout le monde. »
Un silence assourdissant des autorités
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite sur les raisons de cette augmentation. Crise de farine ? Hausse des coûts de production ? Spéculation ? Le mystère reste entier. Une chose est sûre : le climat social est tendu, et la pilule ne passe pas.
Affaire à suivre…
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour laguinee.info







