Les Togolais étaient appelés aux urnes jeudi 17 juillet pour élire 1 527 conseillers municipaux dans les 117 communes du pays. Mais l’engouement n’était visiblement pas au rendez-vous. À Lomé comme dans d’autres localités, la faible affluence observée dans les bureaux de vote a mis en lumière un climat d’apathie généralisée, alimentée par un contexte politique tendu.
Selon africanews com, dans la capitale, certains centres de vote sont restés quasi déserts. Au quartier des Étoiles, par exemple, seuls 64 électeurs sur 435 inscrits ont voté dans un bureau. Même constat dans un autre bureau du même centre, avec 64 votants pour 403 inscrits. À Baguida, à une douzaine de kilomètres à l’est de Lomé, les chiffres restent tout aussi faibles : 42 votants sur 405 inscrits dans un bureau, 75 sur 415 dans un autre.
« Cette fois-ci, la participation aux élections n’est pas bonne. Même en 2019, c’était mieux que cette année. En 2019, il y avait vraiment de l’enthousiasme pour un bon changement », a confié Semon Aboudou, électeur rencontré à Lomé par notre source.
Près de 4,6 millions d’électeurs étaient attendus dans les urnes. Pourtant, de nombreux citoyens ont préféré rester à l’écart de ce scrutin, perçu par certains comme un exercice sans enjeu réel, dans un pays dirigé d’une main ferme depuis deux décennies par Faure Gnassingbé.
La récente réforme constitutionnelle, qui pourrait permettre au chef de l’État de rester indéfiniment au pouvoir en sa qualité de président du Conseil des ministres, a ravivé les critiques, aussi bien au sein de la diaspora que dans les rangs de la société civile. Plusieurs collectifs, dont le Mouvement du 6 Juin (M66), né à la suite des manifestations violemment réprimées le mois dernier, ont appelé au boycott des municipales.Malgré cette tension, environ 500 listes — issues de partis politiques, de regroupements et de candidatures indépendantes — étaient en lice. Le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme, sous forte surveillance, mais dans un climat de résignation.
Pour Gilbertine Gbondji, rencontrée dans un centre de vote de la capitale, l’urgence est ailleurs : « Je veux que nos petits frères et sœurs puissent aller à l’école. Par manque d’argent, j’ai abandonné l’école pour travailler. Mais les plus jeunes devraient avoir de meilleures chances. J’espère juste de meilleures conditions de vie, vraiment. »
À la clôture des opérations de vote, le dépouillement a immédiatement débuté. Les résultats ont été transmis aux Commissions électorales locales indépendantes (Celi), chargées de les acheminer vers la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), seule habilitée à proclamer les résultats officiels dans un délai de 72 heures.
Dans un pays marqué par un pouvoir héréditaire et un verrouillage progressif des institutions, ce scrutin municipal s’est révélé être, au-delà du choix des conseillers locaux, un nouveau test de légitimité pour le régime de Faure Gnassingbé. Un test que les urnes, largement désertées, semblent avoir transformé en signal d’alerte silencieux.
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