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Reboisement en Guinée : le président de l’ONG AGEMAF dénonce de graves dysfonctionnements dans la politique environnementale

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Le président de l’Association Guinéenne pour la protection de l’Environnement Physique, Marin et Fluvial (AGEMAF), Richard Guilavogui, a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi à Conakry sur l’état préoccupant du reboisement en Guinée. Devant la presse, il a pointé une série de dysfonctionnements qu’il juge majeurs dans la mise en œuvre des politiques environnementales du pays.

Une absence criante de politique nationale de reboisement

Selon le président de l’ONG AGEMAF, le premier obstacle majeur réside dans le vide stratégique au niveau national. « Le premier dysfonctionnement est que notre pays ne dispose pas d’une politique nationale de reboisement. Chaque année, on ne nous présente pas de zones restaurées. Et nous constatons la dégradation accélérée du couvert végétal par la coupe du bois », a-t-il dénoncé.

Pour Richard Guilavogui, cette situation résulte de l’absence d’un cadre d’action structuré. Il plaide pour la mise en place d’un programme national encadrant l’exploitation du bois, soutenu par des pépinières publiques réparties dans toutes les régions.

Un manque de coordination intersectorielle préoccupant

Autre grief formulé par le président de l’AGEMAF : l’absence de coordination entre les différents départements concernés par les questions environnementales. « Le phénomène de transversalité ne couvre pas les autres services. Or, tous les départements ont un impact environnemental, mais ils évoluent chacun de leur côté, sans synergie », a-t-il regretté.

Il estime que cette approche fragmentée freine les efforts de protection de l’environnement et rend inefficace toute tentative de planification à long terme.

Des interférences administratives dénoncées

Richard Guilavogui n’a pas manqué de pointer du doigt certaines interférences institutionnelles. Il cite notamment l’Agence de la Navigation Maritime (ANAM), accusée d’outrepasser ses attributions en empiétant sur les prérogatives de la Direction de l’Environnement Marin.

« La mission régalienne de l’ANAM est la gestion de la navigation maritime et la sécurité des personnes et des biens. Mais cette Direction évolue illégalement dans le domaine de l’environnement marin et côtier », a-t-il affirmé, dénonçant un chevauchement de compétences source de confusion et d’inefficacité.

Une gestion du domaine public maritime jugée anarchique

Enfin, le président de l’AGEMAF a pointé du doigt la gestion du domaine public maritime, qu’il estime « toujours viabilisé par les services de l’habitat sans concertation avec le ministère de l’Environnement ».

Un appel à des réformes profondes

Engagée de longue date dans la défense de l’environnement en Guinée, l’ONG AGEMAF a notamment milité pour la création du ministère de l’Environnement. Aujourd’hui, son président appelle à une réforme structurelle ambitieuse et à une coordination renforcée entre les différents acteurs étatiques afin de répondre efficacement aux défis du reboisement et de la préservation du couvert végétal.

« Sans une vision claire, une gouvernance cohérente et une volonté politique affirmée, nos forêts continueront de disparaître au détriment des générations futures », a-t-il conclu.

 

IAC, pour www.laguinee.info 

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