Situé dans la commune de Ratoma à Conakry, le port artisanal de Kaporo, jadis dynamique et emblématique, traverse une phase critique de délabrement. Fonctionnel depuis l’époque coloniale, ce site maritime qui a longtemps servi de point de ralliement aux pêcheurs et petits commerçants, se trouve aujourd’hui dans un état alarmant.
Les eaux claires qui bordaient autrefois le port ont cédé la place à une étendue stagnante de boue, de détritus plastiques et d’eaux usées. Le site est aujourd’hui méconnaissable, comme en témoignent les nombreux usagers qui y exercent leurs activités dans des conditions de plus en plus précaires.
Sous une chaleur accablante, entre flaques malodorantes et terrains accidentés, les travailleurs s’efforcent de maintenir leurs activités à flot. Alhassane Camara, vendeur de bois au port, décrit la situation :
« Auparavant, le port de Kaporo était beau, plein d’eau, nos activités se passaient bien. Aujourd’hui, il est victime d’une menace grandissante. Les tuyaux des latrines sont orientés directement vers la mer, et toutes les ordures sont jetées au bord. C’est devenu invivable. »
La situation, selon les usagers, résulte à la fois de l’impact du changement climatique et d’une accumulation de facteurs humains : le rejet massif de déchets, une urbanisation non maîtrisée et l’absence de réponse adéquate des autorités. Pour les travailleurs, l’indifférence des pouvoirs publics aggrave la dégradation de ce lieu vital.
« Si on n’agit pas maintenant, ce sera trop tard », prévient M. Camara, visiblement inquiet.
Dans ce contexte, les acteurs locaux appellent le ministère de la Pêche et de l’Élevage à une action immédiate. Ils réclament une réhabilitation du site et des mesures de sauvegarde afin de préserver ce qu’ils considèrent comme un patrimoine économique, social et culturel.
Le port de Kaporo n’est pas seulement un point de transit maritime. Il constitue un pilier de subsistance pour plusieurs centaines de familles et offre, en l’état, un potentiel inexploité sur le plan touristique et économique. Sa sauvegarde apparaît aujourd’hui comme une urgence, tant pour la mémoire collective que pour l’équilibre socio-économique local.
Oumar Bella Barry, pour www.laguinee.info







