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Crise au sein du RPG  : les militantes font entendre leur colère à Kankan après les sanctions contre Taliby Dabo et compagnie

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La tension est vive au sein du RPG Arc-en-ciel à Kankan, bastion historique du parti. La suspension récente de plusieurs membres de la coordination régionale par le Bureau Politique National (BPN) continue de faire des vagues, déclenchant une série de réactions houleuses, notamment chez les militantes, qui dénoncent une décision jugée arbitraire.

La contestation enfle sur le terrain, portée par des voix de plus en plus audibles. À commencer par celle d’Aïcha Traoré, militante active du RPG à Kankan. Très remontée contre la suspension de Taliby Dabo et d’autres cadres, elle ne mâche pas ses mots :

« Cette suspension-là, c’est zéro, zéro et zéro ! Tout ce que nous voulons, c’est que Taliby Dabo soit à la tête du RPG, c’est tout. Le RPG était déjà mort, c’est lui qui nous a réveillées, surtout nous les femmes. Si Alpha Condé ne revient pas avant le congrès, nous préférons que ce soit Taliby Dabo qui représente le RPG », a-t-elle lancé avec fermeté.

Pour elle, le parti vit une renaissance grâce à Dabo, et toute tentative de l’écarter ne fera que fragiliser une base déjà ébranlée depuis le coup d’État qui a renversé l’ancien président Alpha Condé.

Même son de cloche du côté d’une vieille militante rencontrée dans le quartier Madina. Visiblement affectée, elle défend farouchement la légitimité de Taliby Dabo :

« Après le coup d’État, le RPG n’existait plus. Grâce à Taliby, le parti renaît. Nous, on est RPG jour et nuit, on le suit partout. Depuis que je suis dans ce parti, je n’ai jamais quitté et je vais mourir dedans. La suspension est une poudre aux yeux. Après Alpha, c’est Taliby qu’on connaît. »

Malgré cette colère manifeste, l’idée d’une réconciliation avec le Bureau Politique National n’est pas rejetée. Aïcha Traoré se montre ouverte :

« La réconciliation n’est pas difficile. Nous sommes prêtes à tout pour se mettre ensemble. Ce parti, c’est notre identité. »

Pour Djènè Madi Keïta, président de la jeunesse RPG de la gare, le problème est plus profond. Il estime qu’il est temps pour Alpha Condé de passer le relais :

« On ne doit pas sanctionner Taliby ou Mamby parce qu’ils font bouger les choses. Alpha a fait deux mandats, c’est suffisant. Il doit organiser le congrès. Ça fait 30 ans qu’on attend, ce n’est pas normal. S’il ne cède pas, nous prendrons le parti. Il n’appartient pas à une seule personne. »

Concernant l’impact de la suspension, il se veut rassurant :

« Cette décision n’affectera rien. La base sait qui travaille pour le parti. On ne peut pas venir un jour et suspendre les gens sans les avoir avertis. Ce n’est pas comme ça qu’on gère un parti. »

La crise actuelle révèle une fracture de plus en plus visible entre la base militante de Kankan et la direction nationale du parti. Si le RPG Arc-en-ciel veut éviter une implosion, il devra impérativement renouer le dialogue avec ses fiefs, au risque de perdre définitivement ce qui reste de son ancrage populaire.

De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour www.laguinee.info

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