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Convention GAC résiliée : plus de 2 000 emplois menacés à Boké

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Le couperet est tombé. La société Emirates Global Aluminium (EGA) a annoncé, ce mercredi, la résiliation unilatérale de la Convention de Base entre sa filiale guinéenne, Guinea Alumina Corporation (GAC), et l’État guinéen. Un acte aux conséquences immédiates et lourdes : plus de 2 000 emplois directs et indirects sont désormais menacés dans la région de Boké.

Dans un communiqué transmis depuis les Émirats arabes unis, EGA déplore une décision « sans justification valable », dénonçant une rupture qui compromet gravement la poursuite de ses activités et le développement de son projet de raffinerie d’alumine en Guinée.

« Ces actions rendent impossible la poursuite des opérations de GAC. Les pertes d’emplois qui en découleront ainsi que le manque à gagner pour l’économie guinéenne sont profondément regrettables », a déclaré Abdulnasser Bin Kalban, Directeur général d’EGA.

Une onde de choc sociale et économique

Créée il y a plus de dix ans, GAC représente l’un des plus gros investissements miniers jamais réalisés en Guinée. À ce jour, l’entreprise emploie environ 3 200 personnes, dont 96 % de Guinéens. En 2024, elle avait injecté près de 244 millions de dollars US dans l’économie nationale. Au-delà des chiffres, ce sont des familles entières et des communautés locales qui risquent de plonger dans l’incertitude.

EGA et GAC dénoncent ce qu’elles qualifient d’actions illégales et arbitraires, allant à l’encontre des engagements pris par le gouvernement guinéen en matière de développement économique et de climat des affaires.

Bras de fer judiciaire en vue

Les dirigeants d’EGA annoncent leur intention de saisir les juridictions internationales pour faire valoir leurs droits et demander réparation. Un affrontement juridique se profile donc à l’horizon, avec en toile de fond une relation désormais rompue entre l’État guinéen et l’un de ses plus anciens partenaires miniers.

Des tensions qui ne datent pas d’hier

La rupture annoncée intervient dans un contexte tendu. Depuis l’automne 2024, les activités de GAC étaient déjà en suspens, victimes de blocages opérés par le gouvernement : suspension des exportations, interdiction d’accès au réseau ferroviaire, rupture de l’approvisionnement en bauxite par la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG). Pour EGA, tout cela s’inscrit dans une stratégie délibérée d’asphyxie.

Malgré des efforts de négociation et des concessions importantes, GAC n’a pu relancer ses opérations. Le projet de raffinerie d’alumine, censé renforcer la transformation locale des ressources, est désormais en suspens.

Climat d’incertitude pour les investisseurs

Au-delà du cas GAC, cette affaire pourrait porter un coup dur à l’image de la Guinée sur la scène économique internationale. Pour EGA, cette résiliation « aura un impact extrêmement négatif sur la confiance des investisseurs ».

Alors que plus de 330 permis miniers ont été récemment révoqués dans le cadre d’un vaste « nettoyage » du secteur par les autorités de transition, la Guinée semble vouloir redessiner sa politique minière. Mais à quel prix ?

Laguinee.info

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