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Des mouches, des tas d’ordures et du courage : quotidien des vendeuses du marché Sonfonia

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Dans le grand Marché de Sonfonia, à Conakry, l’air est… comment dire ? Chargé. Pas de senteurs exotiques ni de parfums épicés, non. Ici, c’est la poubelle qui règne en maître et embaume généreusement les narines. Les vendeuses, elles, n’ont plus le nez pour pleurer, rapporte Laguinee.info à travers un de ses journalistes.

Depuis la route Le Prince jusqu’aux coins les plus reculés de la capitale, les tas d’ordures font la loi. On les contourne, on les snobe, on les subit. À Sonfonia, c’est devenu un décor permanent. Mais pas question pour autant de baisser les bras : les vendeuses tiennent le front, malgré les odeurs pestilentielles et les risques sanitaires bien réels.

Hawa, vendeuse de condiments, donne le ton, entre résignation et colère contenue :

« Vraiment, nous souffrons ici. Les tas d’ordures sont partout avec une odeur incroyable. Certes, il y a des poubelles, mais le problème est qu’elles sont petites et remplaçables vite. »

À croire que les bacs ont décidé de faire grève aussi. Et comme si cela ne suffisait pas, le ballet des éboueurs n’est, selon elle, qu’un rendez-vous hebdomadaire :

« Ils viennent chercher les ordures simplement le samedi. »

La cerise sur le gâteau (périmé) ? Les enfants qui jouent les Indiana Jones dans les poubelles, avant de revenir trifouiller les marchandises vendues à ciel ouvert :

« Le plus dangereux est le fait que les mouches aillent dans la poubelle, prennent les maladies et les ramènent sur nos marchandises. »

Pour Hawa, la solution est limpide, et elle vise directement l’entreprise chargée de la collecte : « Nous demandons à ce que l’entreprise Albayrak augmente les jours d’évacuation des ordures pour diminuer le taux de risque auxquels nous faisons face. »

Pendant ce temps-là, à Conakry, les ordures font leur loi, les mouches prospèrent, et les autorités… observent.

Entre espérance et exaspération, les citoyens vivent leur calvaire au milieu des insectes, rêvant du jour où l’on évacuera les déchets plus vite que les promesses.

 

Oumar Bella Barry, pour www.laguinee.info 

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