Le ministère guinéen de la Justice, à travers l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), organise du 7 au 8 juillet à Conakry un forum de haut niveau, placé sous le signe de l’échange d’expériences et du renforcement institutionnel.
Ouvert ce lundi dans l’enceinte du tribunal du 28 septembre, ce rendez-vous réunit experts, représentants d’institutions judiciaires et sécuritaires, ainsi que des délégations étrangères, autour d’un objectif commun : harmoniser la compréhension des rôles et missions des agences nationales de gestion des avoirs issus d’activités criminelles, dans un contexte juridique souvent disparate d’un pays à l’autre.
La délégation française, composée notamment de Mme Sylvie Marchellie sous-directrice de l’AGRASC France, et de M. André Tarago, a rejoint ses homologues guinéens pour deux jours d’échanges intenses. L’événement a également enregistré la présence du ministre guinéen des Droits de l’Homme et du Premier ministre, Amadou Oury Bah.

Prenant la parole à l’ouverture, Alpha Sény Camara, directeur général adjoint de l’AGRASC Guinée, a salué cette initiative qu’il juge cruciale pour consolider les acquis d’une institution encore jeune :
« En août, nous aurons deux ans d’existence. Ce type de rencontre nous permet de gagner en maturité et de renforcer notre efficacité. La loi est souvent identique sur le principe, mais les défis changent selon les réalités locales. »
M. Camara a également soulevé certaines incompréhensions persistantes dans les rouages judiciaires :
« Des magistrats, policiers ou douaniers ne maîtrisent pas toujours les mécanismes de gestion des avoirs. Ce forum est l’occasion de dissiper ces zones d’ombre et d’ancrer une approche collective. »
Il a rappelé que la Guinée suit les traces de pays comme le Ghana, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal dans cette dynamique de professionnalisation de la gestion des biens mal acquis. D’ailleurs, une délégation guinéenne participera au prochain forum régional prévu à Dakar du 9 au 13 juillet.
De son côté, Alpha Saliou Barry, président du conseil d’administration de l’AGRASC Guinée, a salué la coopération franco-guinéenne :
« Cet événement marque une étape importante pour l’État de droit, la transparence et la restitution des biens à la collectivité. L’AGRASC Guinée, bien que jeune, affiche de grandes ambitions grâce à l’accompagnement de partenaires comme la France. »

Le ministre de la Justice, Yaya Kaïraba Kaba, a pour sa part souligné l’importance stratégique de l’AGRASC dans la lutte contre la criminalité financière :
« La CRIEF, la Cour des comptes et l’AGRASC sont aujourd’hui les piliers judiciaires du combat contre le détournement et le blanchiment. Trop de biens mal acquis échappent à la justice. L’AGRASC vient corriger cette faiblesse structurelle. »

Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a clôturé les interventions officielles par un message de détermination et d’ouverture :
« Il n’y a aucune honte à apprendre de ceux qui maîtrisent mieux certains outils. Pour l’AGRASC, la France est une référence. Pour d’autres volets techniques, Singapour ou le Rwanda peuvent nous inspirer. Le chemin est long, mais nécessaire. »
La rencontre se poursuivra mardi avec des panels techniques, des échanges d’expériences entre pays, et la définition de recommandations en vue d’une meilleure coordination régionale. Les directeurs généraux des AGRASC de Guinée et de France sont attendus à Dakar le 9 juillet pour poursuivre cette dynamique.
Laguinee.info





