Alors que les cas d’enlèvements et de séquestrations d’activistes, d’opposants et de journalistes défraient la chronique en Guinée, une question revient avec insistance dans les débats publics : pourquoi ce silence apparent du gouvernement ? Invité sur France 24 mercredi 25 juin, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a tenté de clarifier la position officielle.
« Il n’y a pas de silence »
Face aux critiques croissantes, le ministre des Transports a d’abord balayé l’accusation de mutisme.
« Il n’y a pas de silence », a-t-il déclaré d’un ton ferme. « Il appartient à l’exécutif, au président de la République et à son gouvernement de mobiliser les moyens nécessaires pour mettre à disposition de l’appareil judiciaire. Mais une fois l’enquête ouverte, il nous est impossible de continuer à commenter le processus en cours.»
Autrement dit, selon Ousmane Gaoual Diallo, le gouvernement ne se dérobe pas, mais choisit de respecter la séparation des pouvoirs, en laissant la justice faire son travail, sans pression ni communication politique intempestive.
Une menace pour la stabilité du pays
Reconnaissant toutefois la gravité de la situation, le ministre a souligné que ces actes de kidnapping ne doivent pas être perçus comme de simples faits divers.
« Le Premier ministre l’a dit clairement : ces actes ne visent pas que des individus, ils visent la stabilité de notre pays », a-t-il martelé.
Il affirme que des enquêtes sont bel et bien ouvertes, promettant que les auteurs seront « arrêtés et traduits devant la justice ».
Accusations d’instrumentalisation
Plus tranchant, le porte-parole du gouvernement a également mis en cause certains discours tenus par des acteurs de la société civile et de l’opposition politique. Selon lui, les dénonciations publiques autour des enlèvements sont parfois utilisées pour jeter le discrédit sur les institutions de la République.
« Ceux qui communiquent sur ces enlèvements cherchent à discréditer les institutions. Dire que des hommes ont été enlevés, c’est une chose. Mais faire des descriptifs qui renvoient directement à des institutions, ce n’est pas correct », a-t-il dénoncé.
Une parole gouvernementale contestée
Malgré ces déclarations, le malaise persiste. Les familles de victimes, les organisations de défense des droits humains et une frange importante de l’opinion publique dénoncent le manque de transparence et l’opacité des enquêtes. Beaucoup affirment ne voir ni avancée concrète ni signe tangible d’un engagement réel de l’État à résoudre ces affaires.
Si le gouvernement se défend de tout immobilisme et revendique une posture respectueuse de la procédure judiciaire, il lui reste à convaincre une population de plus en plus sceptique face à la répétition de ces actes et au climat de peur qui s’installe dans le pays.
IAC, pour www.laguinee.info







