Le ministère des Mines et de la Géologie a révélé cette semaine une décision majeure : 330 permis miniers, dont 53 concessions minières et permis d’exploitation, ainsi que 277 permis de recherche, viennent d’être révoqués par le gouvernement guinéen. Cette opération d’envergure marque un tournant décisif dans la politique minière du pays.
Une opération d’assainissement inédite
« Nous avons procédé à un assainissement du cadastre minier », a annoncé Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie, lors d’une intervention face aux acteurs du secteur. Selon lui, les permis retirés n’étaient pas conformes aux exigences du Code minier guinéen, notamment en matière d’engagements contractuels, d’impacts économiques et de respect des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).
« 53 concessions minières et permis d’exploitation ont été retirés, conformément aux dispositions du Code minier, parce que n’ayant pas respecté les engagements souscrits. 277 permis de recherche également ont été retirés qui ne respectaient pas les dispositions du Code minier », a-t-il précisé selon les propos d’africaguinee.com
Des projets fantômes qui bloquaient le développement
Le ministre a dénoncé l’inaction de nombreux titulaires de permis miniers, certains depuis huit ou neuf ans, sans jamais entrer en phase de production. « Il y a certaines concessions minières qui sont signées depuis 8 à 9 ans, qui n’ont jamais été en production. Elles ne produisent pas de revenus, n’ont pas d’impact communautaire et gèlent l’investissement minier », a regretté Bouna Sylla.
Ces projets dits « éléphants blancs » freinaient non seulement l’investissement, mais privaient également l’État et les communautés locales de retombées économiques significatives.
Une nouvelle ère fondée sur la transparence et la conformité
Avec cette mesure radicale, le gouvernement affiche sa volonté de replacer les intérêts nationaux au cœur de la stratégie minière. « Conformément au Code minier, les emplois qualifiés sont réservés à tous les Guinéens. Seuls les emplois non qualifiés sont réservés aux ressortissants des communautés directement impactées par l’exploitation minière. Les autres emplois sont ouverts à tous les Guinéens », a rappelé le ministre, insistant sur la nécessité d’une exploitation minière inclusive et responsable.
En assainissant son cadastre, la Guinée entend ouvrir la voie à de nouveaux investisseurs, prêts à s’engager dans un partenariat transparent, productif et respectueux des normes en vigueur.
Une opportunité pour de nouveaux acteurs
Ce « grand ménage » marque donc le début d’une nouvelle dynamique : attirer des opérateurs miniers sérieux, soucieux des impacts sociaux et environnementaux, et capables de contribuer efficacement au développement économique du pays. Pour Bouna Sylla, l’heure est à la rigueur, à la transparence et à la performance : « Le secteur minier guinéen doit jouer pleinement son rôle dans la création d’emplois, la mobilisation de recettes pour l’État et le développement des communautés », mentionne notre source.
Le message du gouvernement est clair : place à ceux qui respectent les règles, les autres seront écartés.
Laguinee.info







