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Lettre du MATD à l’UFDG: le parti de Cellou Dalein rejette les injonctions et maintient son congrès du 6 juillet

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Dans une correspondance ferme et juridiquement argumentée adressée au ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) rejette les injonctions visant à suspendre l’organisation de son congrès extraordinaire prévu le 6 juillet 2025. Le parti dénonce une décision « illégale, partiale et disproportionnée », et affirme être pleinement en droit de tenir son congrès.

« Une décision fondée sur une version unilatérale »

L’UFDG reproche au ministre d’avoir fondé son injonction uniquement sur les allégations du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG), sans jamais recueillir la version du parti. « Cette méthode viole le principe d’équité et trahit un parti pris manifeste », déplore le courrier. Le parti rappelle que les « irrégularités » évoquées par le ministère sont elles-mêmes qualifiées de « présumées », ce qui aurait dû conduire à une instruction contradictoire avant toute décision administrative.

Une atteinte aux libertés fondamentales

L’UFDG estime que la suspension du congrès constitue une violation grave de la liberté d’association et de réunion, garanties par les textes nationaux. En l’absence de tout trouble à l’ordre public établi ou même allégué, l’UFDG considère que l’article 32 de la Charte des partis politiques a été bafoué. Ce texte n’autorise une interdiction qu’en cas de menace avérée, ce qui, selon le parti, n’est pas le cas ici.

Un jugement judiciaire en faveur de l’UFDG

Le parti souligne que le Tribunal de Première Instance de Dixinn, par jugement n°235 du 23 mai 2025, a autorisé la tenue du congrès. Ce jugement, précisent les avocats de l’UFDG, n’a fait l’objet que d’un appel partiel, limité au volet de la réintégration de M. Ousmane Gaoual Diallo. Par conséquent, la décision concernant l’organisation du congrès est exécutoire et définitive.

« Vous avez pris un acte administratif en contradiction directe avec un jugement judiciaire ayant autorité de chose jugée », accuse la lettre. L’UFDG évoque même une possible infraction pour abus d’autorité, rappelant que le Code pénal sanctionne toute entrave à l’exécution d’un jugement.

La convocation du congrès, jugée conforme

Le parti réfute point par point les accusations de non-respect de ses statuts. Il explique que la première convocation du congrès avait été faite dès janvier 2025 pour une tenue en avril, mais qu’elle avait été suspendue par décision judiciaire. Une nouvelle convocation a été faite en mai, dans le respect des délais statutaires. L’ordre du jour, assure le parti, a été établi dans les règles.

Rejet de l’ingérence dans la vie interne du parti

L’UFDG critique également la volonté du ministère de l’obliger à engager un dialogue avec le MR-UFDG. Il y voit une immixtion illégale dans la vie interne d’un parti politique, contraire au principe d’autonomie des formations politiques. Le MR-UFDG, qualifié de « mouvement sans existence juridique », est accusé d’avoir abandonné les valeurs fondatrices du parti.

« Vous ne pouvez imposer à un parti la mise en place d’une commission paritaire avec une faction non reconnue », tranche la lettre.

Maintien du congrès

Malgré les menaces de sanctions, l’UFDG reste déterminé à organiser son congrès le 6 juillet. Le parti se dit confiant que la justice tranchera les litiges en cours, mais refuse toute suspension décidée unilatéralement par le ministère, qu’il qualifie de « juridiquement infondée et politiquement injustifiée ».

Le ton est posé, mais la position est ferme : l’UFDG maintient le cap, convaincu que la légalité est de son côté. Le bras de fer entre l’institution administrative et le principal parti d’opposition est désormais entre les mains des juridictions compétentes.

www.laguinee.info

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