C’est une foule compacte et déterminée qui a envahi le siège national de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), ce samedi 28 juin à Hamdallaye. Les militants, venus de tous les horizons, ont répondu massivement à l’appel de leur parti, dans un contexte politique tendu où le congrès de l’UFDG est désormais dans le viseur des autorités.
L’événement, très attendu, a été marqué par une mobilisation exceptionnelle et une ferveur visible dès les premières minutes. L’apparition à l’écran d’El Hadj Cellou Dalein Diallo, depuis Abidjan, a suscité des salves d’applaudissements et des cris d’adhésion, témoignant du lien intact entre le leader et sa base.
Le MATD dans le collimateur?
Dès l’ouverture des travaux, plusieurs points chauds ont été abordés. Parmi eux, la lettre du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), sommant le parti de suspendre son congrès, a cristallisé l’attention. Une décision que les responsables de l’UFDG dénoncent comme une ingérence flagrante dans la vie d’un parti légalement constitué.
Aboulaye Bah, Coordinateur des fédérations de l’intérieur, n’a pas mâché ses mots. Il a salué la bonne tenue des congrès fédéraux à travers le pays, tout en fustigeant la « volonté manifeste du MATD de torpiller le processus démocratique interne du parti ». Selon lui, les exclusions récemment opérées au sein de l’UFDG l’ont été en conformité avec les statuts et le règlement intérieur. Dans une démonstration de force, il a lu un mémorandum des secrétaires fédéraux de Conakry, qui ont réaffirmé leur fidélité sans faille à Cellou Dalein Diallo, le priant de poursuivre son combat jusqu’à la présidence de la République.
Un discours musclé contre l’injustice
Le ton est monté d’un cran lorsque Souleymane Souza Konaté, Coordinateur de la communication, a pris la parole. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire du régime », illustrée selon lui par les harcèlements judiciaires contre des leaders d’opinion comme Aliou Bah (MODEL), les disparitions forcées de figures comme Oumar Sylla alias « Foniké Menguè », Mamadou Billo Bah, ou encore le journaliste Marouane Camara.
M. Konaté a également pointé du doigt les tortures infligées à Abdoul Sacko et à l’avocat Maître Mohamed Traoré, tout en fustigeant la multiplication des appels en faveur d’une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya, en violation de la Charte de la transition.
« On ne peut pas parler de paix pendant qu’on entretient l’injustice, l’exclusion et la division ethnique », a-t-il martelé, avant de déclarer que Cellou Dalein Diallo, réputé pour son attachement au dialogue, se voit aujourd’hui contraint de durcir sa posture pour défendre la démocratie.
Cellou Dalein Diallo depuis Abidjan : un appel à la vigilance
Moment phare de l’assemblée : l’intervention en direct d’El Hadj Cellou Dalein Diallo. Dans un discours aussi combatif que fédérateur, le président de l’UFDG est revenu sur les origines de la crise entre son parti et le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).
Il a dénoncé les arrestations arbitraires, l’instrumentalisation de la justice, les restrictions de libertés, ainsi que le refus des autorités guinéennes de lui permettre de s’enrôler sur les listes électorales à l’ambassade de Guinée en Côte d’Ivoire. « C’est une stratégie délibérée d’exclusion », a-t-il déploré, évoquant également l’interdiction du congrès, « pourtant validé par la justice ».
Malgré ce climat d’obstacles et de pressions, Cellou Dalein a tenu à rassurer ses partisans : « Rien ne nous détournera de notre objectif. La victoire est proche, et elle sera celle de la démocratie, de la dignité et de l’État de droit. »
Il a enfin lancé un appel à la vigilance, exhortant les militants à rester mobilisés et unis, tout en mettant en garde les autorités contre la tentation de répéter les erreurs du passé, celles-là mêmes qui, selon lui, ont conduit au coup d’État de 2021.
Une ferveur intacte
L’assemblée générale s’est achevée sur une note d’espoir, dans une ambiance électrique. Les chants, les slogans et les applaudissements ont résonné longuement dans la cour du siège, traduisant la détermination renouvelée des militants à poursuivre le combat sous la bannière du projet « Cellou Président 2025 ».
À quelques mois des échéances décisives, l’UFDG affiche plus que jamais sa volonté de jouer les premiers rôles sur la scène politique nationale. Reste à savoir jusqu’où les tensions actuelles iront et à quel prix pour la démocratie guinéenne.
Laguinee.info







