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Tchad : les autorités ont dissous le mouvement « Wakit Tama », l’opposition parle d’un coup porté à la démocratie

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Le paysage politique tchadien vient de se refermer un peu plus. La dissolution du Mouvement citoyen et de Wakit Tama (branche politique), annoncée sans justification publique formelle, fait l’effet d’un électrochoc dans les rangs de l’opposition. Pour plusieurs acteurs politiques, cette décision marque un tournant inquiétant pour les libertés démocratiques dans un pays où l’expression critique est déjà sous haute surveillance.

Dans une lettre ouverte adressée à la communauté internationale, Mahamat Issakha Daoud, président du Mouvement pour l’Égalité, la Justice, la Paix et la Démocratie (MEJPD), dénonce une « tentative manifeste de musellement » et parle d’une dérive autoritaire qui ne dit plus son nom. À ses yeux, cette dissolution n’est pas un simple acte administratif : elle illustre une volonté de réduire au silence toute voix dissonante dans un climat politique de plus en plus verrouillé.

« Ce n’est pas seulement un mouvement que l’on dissout, c’est une partie de la conscience civique du pays que l’on tente d’étouffer », déclare l’opposant.

Les militants de Wakit Tama, qui avaient fait entendre leurs revendications lors des grandes mobilisations de ces dernières années, seraient désormais exposés à des arrestations et à des intimidations. Le MEJPD demande la libération immédiate de tous les membres détenus et exhorte les partenaires internationaux du Tchad à ne pas rester silencieux face à ce qu’il qualifie d’atteinte grave aux droits humains fondamentaux.

Cette décision intervient dans un contexte où les voix indépendantes se font rares. De nombreux observateurs parlent d’un repli autoritaire progressif, marqué par des interdictions de manifestations, des poursuites contre les figures de l’opposition et la surveillance renforcée des organisations de la société civile.

Wakit Tama, né au cœur de la contestation, portait les espoirs d’une partie de la jeunesse et de la société civile en quête de justice sociale, de gouvernance transparente et d’alternance politique. Sa mise à l’écart soulève une question centrale : quelle place reste-t-il pour la parole citoyenne dans un État où la critique est systématiquement assimilée à une menace ?

Pour l’instant, aucune déclaration officielle n’est venue expliquer ni motiver cette dissolution, ce qui alimente davantage l’inquiétude. En l’absence de dialogue politique inclusif, la fermeture progressive de l’espace civique pourrait nourrir une tension souterraine aux conséquences imprévisibles.

Le silence des institutions nationales contraste avec les appels insistants de l’opposition à une mobilisation internationale. Mais jusqu’où laissera-t-on faire ?

Le Tchad avance, mais certains se demandent aujourd’hui dans quelle direction.

Laguinee.info

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