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Guinée : premier pays africain d’origine des demandeurs d’asile en France, malgré l’absence de guerre

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La Guinée figure au sommet d’un classement peu reluisant : elle est, selon le rapport annuel de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), le premier pays africain d’origine des demandeurs d’asile en France. En 2024, 11 336 Guinéens ont officiellement déposé une demande de protection internationale, soit une hausse spectaculaire de 47,8 % en un an.

Cette augmentation intervient alors même que le pays ne traverse pas de conflit armé déclaré. Pourtant, la Guinée se classe troisième à l’échelle mondiale des pays d’origine des demandeurs d’asile en France, derrière l’Afghanistan et l’Ukraine, deux pays pourtant ravagés par la guerre. Elle devance même Haïti, en proie à des gangs violents, et le Soudan, théâtre d’un conflit sanglant.

Une répression politique persistante

L’Ofpra explique cette tendance par une recrudescence de la répression politique dans le pays. Si la situation s’est tendue depuis le coup d’État militaire du 5 septembre 2021, qui a porté au pouvoir le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) dirigé par le général Mamadi Doumbouya, les causes du phénomène remontent bien avant cette date.

« La demande d’asile guinéenne a connu des évolutions suite au coup d’État du 5 septembre 2021 et la prise de contrôle du pays par le CNRD », note l’Ofpra. Le rapport fait état d’un « blocus politique et démocratique » exercé par la junte, et rappelle que « depuis 2015 déjà, les principales demandes sont liées aux violences politiques ». Parmi les profils de demandeurs figurent essentiellement des militants du principal parti d’opposition, l’UFDG, ainsi que des membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un mouvement de la société civile opposé au régime militaire.

Des femmes de plus en plus nombreuses à fuir

Autre fait marquant relevé par l’Ofpra : l’augmentation notable des demandes d’asile émanant de femmes guinéennes. Ces dernières évoquent des violences sexuelles comme principal motif de fuite. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte sociopolitique marqué par la fragilité de l’État de droit et la faible protection des victimes.

Une alerte sur la situation intérieure du pays

Bien que la Guinée ne soit pas en guerre, l’ampleur des demandes d’asile révèle une profonde crise politique et sociale, doublée d’une défiance croissante vis-à-vis des institutions nationales. Pour les autorités françaises, ce flux migratoire constitue un signal d’alarme sur l’instabilité durable qui affecte le pays d’Afrique de l’Ouest.

Si rien ne laisse présager un retour rapide à une normalisation démocratique, la France, tout comme ses partenaires européens, devra continuer à traiter un nombre croissant de dossiers venus d’un pays officiellement en paix, mais en proie à une instabilité politique chronique.

Laguinee.info

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