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PN-RAVEC à Siguiri : le préfet Douramoudou Kéita accusé d’entrave au recensement à Kökounfara

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Le Programme National de Recensement à Vocation d’État Civil (PN-RAVEC), censé doter chaque citoyen guinéen d’un identifiant unique, se transforme en terrain glissant dans certaines localités de la Haute-Guinée. Après les scandales de racket à Gbonko (Mandiana), c’est désormais à Siguiri que la tempête souffle, et elle vise directement le préfet Douramoudou Kéita.

Des citoyens de Kökounfara, un village relevant de la sous-préfecture de Fidakö, l’accusent frontalement de sabotage. Ils l’accusent d’avoir volontairement empêché leur enrôlement, allant jusqu’à, selon eux, inciter à la violence pour faire avorter l’opération de recensement dans leur localité.

« La machine est venue chez nous pour que nous puissions nous faire enrôler. Elle a été installée dans ma maison. Mais ceux qui ne sont pas pour Fidakö, c’est-à-dire ceux de GnaKassola, ont appelé le préfet pour signaler sa présence. Et le préfet leur a ordonné d’entrer dans la concession, de semer la pagaille et de faire arrêter le recensement », dénonce Mamadi, habitant de Kökounfara, la voix encore pleine d’indignation. « Ils sont venus avec des machettes et des fusils de chasse. Depuis ce jour, nous n’avons pas pu nous faire enrôler. »

Derrière ces témoignages, c’est une blessure plus profonde qui se dessine : un sentiment d’exclusion, d’abandon, voire de ségrégation dans l’accès à un droit fondamental.

Un autre citoyen, visiblement exaspéré, renchérit :

« Moi, je viens de Kökounfara, et nous avons du mal à nous faire recenser. Le préfet a dit à ceux de GnaKassola de venir nous empêcher. Il a attisé les tensions, il a semé la division. Pourtant, nous sommes tous des citoyens guinéens ! Où est notre citoyenneté si on nous refuse un acte aussi fondamental ? On ne veut pas aller à GnaKassola. Nous sommes de Fidakö, c’est ici qu’on doit être enrôlés. »

Le ton est grave, les propos sans détour. Pour les habitants de Kökounfara, il ne s’agit plus seulement d’une question administrative, mais d’une atteinte à leur dignité.

« Nous vivons comme des esclaves », s’indigne encore Mamadi. « Ils disent que nous ne serons pas recensés à Fidakö. Et nous, nous ne voulons pas aller à GnaKassola. Comment allons-nous faire ? Les autorités doivent intervenir, le processus touche à sa fin. Nous avons le droit, comme tous les autres Guinéens, d’être enrôlés ! »

Sous couvert d’anonymat, un autre habitant résume la frustration collective :

« Le préfet ne vise que ses intérêts. Ceux qui ne relèvent pas de Fidakö ont tout fait pour arrêter notre recensement, et il les a suivis. Si nous sommes des citoyens guinéens, que les autorités prennent leurs responsabilités. »

La préfecture de Siguiri semble donc être le théâtre d’une guerre de territoires administratifs, où les clivages locaux prennent le pas sur l’universalité des droits. Et pendant que les accusations fusent, les machines à enrôler dorment, les machettes s’agitent, et l’État regarde ailleurs.

Toutes nos tentatives pour joindre le préfet Douramoudou Kéita sont restées vaines jusqu’au moment de mettre cet article sous presse. Réagira-t-il à ces graves accusations ou choisira-t-il de se murer dans le silence ?

Dans ce dossier brûlant, le mutisme ne sera peut-être pas une option.

 

Karifa Kansan Doumbouya, pour laguinee.info

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