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Biens de Dr Mohamed Diané mis en vente : l’avocat dénonce une précipitation à haut risque juridique

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La mise en vente aux enchères publiques des biens de Dr Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense nationale sous le régime Alpha Condé, continue de faire des vagues. Condamné pour détournement de deniers publics par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’ancien dignitaire voit aujourd’hui une partie de son patrimoine être liquidée par l’État guinéen. Une démarche que son avocat dénonce avec virulence.

Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, Me Almamy Samory Traoré,  avocat de Dr Diané tire la sonnette d’alarme : « Tout acquéreur d’un bien litigieux s’expose, en toute connaissance de cause, à des risques d’insécurité juridique dont il devra assumer seul les conséquences, lorsque l’État de droit sera rétabli et effectif. » Une mise en garde qui sonne comme un avertissement adressé aux potentiels acheteurs, mais aussi aux autorités, accusées de brûler les étapes.

L’avocat remet en cause la légalité et l’opportunité d’une telle procédure, qu’il qualifie de « précipitation ». Il affirme que « la mise en vente aux enchères de biens immobiliers litigieux, alors que l’instruction judiciaire est toujours en cours, soulève de sérieuses inquiétudes. » Selon lui, certains tiers se seraient déjà présentés devant la juridiction compétente, brandissant des titres de propriété censés contredire la saisie.

En filigrane, c’est la légitimité même de la procédure engagée par les autorités que l’avocat interroge : « Quand la justice précède le droit, l’insécurité juridique guette. » Une phrase lourde de sens, dans un contexte où la transition guinéenne promet de restaurer la confiance dans les institutions.

Derrière cette affaire, c’est une question de fond qui est posée : peut-on liquider des biens saisis sans qu’un jugement définitif ait été rendu ? Le conseil de l’ancien ministre estime que non. « Vendre, alors que la justice ne s’est pas encore prononcée de manière définitive, c’est exposer des citoyens à des contentieux futurs évitables », prévient Me Traoré .

Enfin, il rappelle que « le respect du droit de propriété, de la présomption d’innocence et de la procédure régulière ne sont pas des formalités : ce sont les piliers d’un véritable État de droit ». Un rappel qui, au-delà du cas Diané, sonne comme une interpellation plus large sur les pratiques judiciaires et administratives en Guinée.

L’affaire ne fait sans doute que commencer. Et dans ce bras de fer entre la CRIEF et les avocats de l’ex-ministre, c’est la robustesse de l’État de droit qui est, une fois de plus, mise à l’épreuve.

 

Laguinee.info

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