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Transition : Dr Édouard Zoutomou Kpogomou alerte sur une possible élimination des partis politiques

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Dans un entretien accordé à Guinée114.com, le président de l’Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP), Dr Édouard Zoutomou Kpogomou, a exprimé ses préoccupations quant à la conduite de la transition en Guinée, notamment sur ce qu’il perçoit comme une tentative progressive d’évincer les partis politiques du processus de retour à l’ordre constitutionnel.

Le leader politique ne cache pas son scepticisme. Pour lui, certains signaux indiquent clairement une volonté de marginaliser, voire d’éliminer les formations politiques du paysage guinéen. « Nous avons vu cela venir de très loin, cela fait longtemps que nous en parlons », a-t-il déclaré, évoquant l’absence des partis politiques dans les différentes commissions, y compris celle du recensement. Une démarche qui, selon lui, laisse présager une stratégie délibérée.

Dr Kpogomou va plus loin et décrit une méthode qu’il juge bien orchestrée : « On a d’abord tenté de remettre en question la légalité de certaines formations, en se demandant si elles disposaient réellement de sièges. Quand il a été prouvé que ces partis avaient bel et bien des sièges, on a changé de stratégie : il fallait désormais effectuer des visites pour vérifier leur existence. Et quand cela n’a pas suffi, on a annoncé un audit complet ».

Selon lui, cette série d’initiatives pourrait avoir un objectif final : écarter les partis politiques afin d’ouvrir la voie à un maintien prolongé du général Mamadi Doumbouya au pouvoir. Il redoute notamment que cette exclusion progressive soit justifiée par des motifs administratifs ou sécuritaires. « Je crois qu’on risque de forcer la situation pour justifier l’élimination des partis politiques, au motif qu’ils pourraient contester. Une fois cela fait, il serait plus facile d’imposer ce qu’on veut. Et c’est vers cela que l’on se dirige », a-t-il estimé.

Le parallèle avec la situation au Mali n’est pas anodin. Dans ce pays voisin, les partis politiques ont été dissous et le président de la transition a prolongé son mandat de cinq années supplémentaires, sans élections. Une évolution que Dr Kpogomou craint de voir se répéter en Guinée si, selon ses termes, « la vigilance de l’opinion et la pression des forces politiques ne sont pas maintenues ».

Cette sortie du président de l’UDRP intervient dans un contexte de transition prolongée, marquée par des tensions croissantes entre les autorités de la transition et les partis politiques guinéens. Si les autorités n’ont pas encore réagi aux propos de Dr Kpogomou, ses déclarations relancent le débat sur la transparence, l’inclusivité et la sincérité du processus en cours.

Laguinee.info

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