Dans une volonté affichée de réorganiser en profondeur le secteur minier guinéen, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a pris ce vendredi un décret fixant les attributions du ministère des Mines et de la Géologie. Ce texte précise les missions, l’organisation interne, les organes consultatifs et les structures rattachées à ce département stratégique pour l’économie du pays.
Selon le décret présidentiel, le ministère est désormais chargé de la conception, de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi de la politique nationale en matière de mines et de géologie. Un champ d’intervention large, qui va de la production de textes législatifs à la surveillance sismologique du territoire.
Parmi ses responsabilités majeures, le ministère devra :
- Élaborer et faire appliquer la réglementation du secteur ;
- Définir les stratégies de développement minier et géologique ;
- Gérer les titres miniers, permis et autorisations ;
- Réaliser et exploiter des données géologiques, géochimiques et hydrogéologiques ;
Conclure des conventions et accords dans le cadre de la gestion du patrimoine minier national.
Le décret insiste également sur la promotion du contenu local, le respect de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), la sécurisation des investissements et la bonne cohabitation entre communautés et acteurs miniers.
Contrôle, transparence et développement durable
Le texte renforce les exigences de suivi et de contrôle des projets miniers, y compris la restauration des sites, la contribution des sociétés au développement local et la prise en compte des enjeux environnementaux. Le ministère devra aussi produire des statistiques fiables et favoriser l’émergence d’un secteur privé minier national.
Autre point notable : l’organisation de l’exploitation artisanale fait désormais partie des attributions officielles, tout comme la gestion des eaux souterraines et la prévention des conflits dans les zones minières.
Une architecture administrative étoffée
Pour remplir ses missions, le ministère des Mines et de la Géologie comprend : un secrétaire général, un cabinet, des services d’appui, des directions nationales et générales, des services déconcentrés, ainsi que des programmes et projets publics. Trois établissements publics administratifs y sont rattachés :
- L’Office guinéen d’expertise de l’or, des diamants et autres matières précieuses,
- Le Laboratoire national de la géologie,
- Le Fonds d’investissement minier.
Le décret officialise également plusieurs organes consultatifs, notamment :
- L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE),
- La Commission nationale des mines,
- Le Secrétariat permanent du processus de Kimberley,
- Le Comité d’éthique et le Conseil de discipline.
- Nominations et encadrement réglementaire
Les inspecteurs régionaux et les directeurs préfectoraux des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale seront nommés par décret, sur proposition du ministre. Par ailleurs, les statuts des établissements publics administratifs, ainsi que le fonctionnement de l’inspection générale, des services déconcentrés et rattachés, feront l’objet de textes distincts à venir.
Ce décret constitue une étape structurante dans la refonte du secteur minier en Guinée. En dotant le ministère d’un cadre institutionnel et opérationnel clarifié, le président Doumbouya entend instaurer une gouvernance plus rigoureuse, transparente et orientée vers un développement durable du secteur.
Laguinee.info







