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Forum sur l’avenir de la presse en Guinée : les autorités plaident pour une presse responsable et indépendante

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Ce lundi, un événement d’une importance capitale pour l’avenir du paysage médiatique guinéen : le Forum sur l’avenir de la presse, se tient dans un complexe hôtelier de la capitale. Il est placé sous la présidence du Premier ministre, Amadou Oury Bah. Une rencontre qui rassemble décideurs publics, professionnels des médias et membres de la société civile autour d’un objectif commun : repenser la presse guinéenne dans un esprit de refondation.

Dès son discours d’ouverture, le Premier ministre a donné le ton. S’exprimant avec gravité, Amadou Oury Bah a rappelé que « la refondation, fondamentalement, a nécessairement besoin de contre-pouvoirs efficaces ». Pour lui, une démocratie ne peut s’épanouir sans une presse libre et critique. Il a insisté : « L’intérêt du pouvoir, c’est d’avoir des contre-pouvoirs efficaces. Parce que c’est cela qui permet au pouvoir de ne pas aller dans les dérives. »

Dans un contexte où la désinformation prolifère à grande échelle, notamment sur les réseaux sociaux, le chef du gouvernement a souligné le rôle des médias comme interface essentielle entre les institutions et les citoyens. Loin d’un discours de convenance, son intervention a mis en garde contre les risques d’un pouvoir isolé de toute critique constructive. « Si les contre-pouvoirs sont inefficaces, le pouvoir même ressentira cette inefficacité par le fait que son action n’est pas jugée avec objectivité. »

Le président du Conseil national de la transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, est venu compléter cette réflexion avec un regard sans détour sur les pratiques actuelles de la presse. Il a dénoncé « le recours à la diffamation, à l’instrumentalisation communautaire ou encore à la désinformation », des dérives qui, selon lui, ont parfois contribué à fragiliser le tissu social. Des propos qui soulignent la ligne de crête sur laquelle évolue la liberté de la presse : entre nécessité de régulation et impératif démocratique.

Tout en reconnaissant la nécessité de certaines interventions de l’État pour préserver « l’ordre public et la paix sociale », Dr Kourouma a tenu à affirmer sa foi dans la capacité des médias guinéens à se réformer. « Ce forum en est la preuve. Nous croyons dans les capacités de transformation de notre presse, dans sa effectivité », a-t-il déclaré, en appelant à « un diagnostic sans complaisance » pour refonder le secteur sur des bases solides.

Le forum, qui s’étendra sur plusieurs jours, se veut un espace de réflexion et de propositions. Panels et ateliers thématiques aborderont des sujets tels que la régulation, la formation des journalistes, le financement des médias ou encore l’éthique professionnelle. L’ambition affichée : aboutir à des recommandations concrètes pour garantir l’indépendance des médias, sans éluder leur responsabilité dans la cohésion nationale.

Dans un pays où le rapport entre médias et institutions a souvent été conflictuel, cette initiative marque une tentative de dialogue inédit. Reste à savoir si les engagements pris dans les discours d’ouverture se traduiront par des actes durables. Le défi est immense, mais les attentes le sont tout autant.

IAC, pour Laguinee.info 

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