La capitale guinéenne est, pour deux jours, le carrefour stratégique de l’enseignement supérieur africain. La 42e session du Conseil des ministres du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) s’est ouverte ce lundi, réunissant ministres, experts, enseignants-chercheurs et hauts responsables académiques venus de l’ensemble du continent.

Dans une salle solennelle, empreinte d’une certaine gravité institutionnelle, les délégations ont pris place pour lancer les travaux d’une session placée sous le sceau de la coopération interuniversitaire et de la montée en qualité des systèmes d’enseignement supérieur africains.

À la tribune, le ministre guinéen de l’Enseignement supérieur, Alpha Bacar Barry, a d’abord tenu à saluer la mobilisation des participants :
« Votre mobilisation pour la réunion de ce comité m’offre l’opportunité de vous féliciter et d’encourager les enseignants-chercheurs et chercheurs qui s’investissent au quotidien dans la qualification de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Afrique », a-t-il déclaré, insistant sur l’inclusivité continentale qui lie l’Afrique au « grand île » de Madagascar.
Le ministre a profité de cette tribune pour rappeler l’ambition de la Guinée de faire de Conakry un pôle scientifique majeur en Afrique de l’Ouest. Pour lui, la montée en compétence du personnel enseignant-chercheur, la modernisation des programmes, la densification des partenariats et le renforcement des liens entre universités constituent les piliers de cette vision.
Les enjeux de la session vont bien au-delà des discours. À huis clos, les ministres se pencheront sur les rapports des experts, notamment les résultats des évaluations techniques conduites ces derniers mois. À l’ordre du jour figurent également des réflexions sur les réformes à envisager : amélioration de la gouvernance académique, stimulation de la mobilité universitaire, élargissement des partenariats et adaptation des formations aux réalités économiques du continent.

Pour le secrétaire général du CAMES, Professeur Souleymane Konaté, cette session ministérielle est bien plus qu’un simple rendez-vous annuel :
« Le Conseil des ministres du CAMES est l’instance politique qui analyse les performances et définit les grandes orientations de notre institution. C’est le lieu privilégié où les grandes décisions de la vie de notre organisation se prennent », a-t-il affirmé, insistant sur le rôle clé des travaux préparatoires des experts, qu’il qualifie de « filtres nécessaires » pour garantir la pertinence des décisions finales.
Créé en 1968, le CAMES s’est imposé comme un acteur structurant du développement académique africain. À travers ses comités consultatifs interafricains, ses concours d’agrégation ou encore ses dispositifs de reconnaissance des diplômes, l’institution contribue à l’harmonisation et à la valorisation des systèmes d’enseignement supérieur dans l’espace francophone africain.
À Conakry, l’heure est donc à la concertation et à la projection vers l’avenir. Au-delà des résolutions attendues, cette session marque une volonté commune : faire de l’enseignement supérieur un levier décisif de développement pour l’Afrique.
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