La Guinée s’affiche désormais comme un acteur engagé sur l’échiquier de la paix internationale. Ce mercredi 14 mai, en marge de la clôture du Sommet ministériel biennal des Nations Unies sur les opérations de maintien de la paix, le ministre guinéen de la Défense nationale, le général à la retraite Aboubacar Sidiki Camara, a annoncé l’engagement de Conakry à fournir plus de 2 000 soldats pour les opérations de paix à travers le monde.
Un geste fort, dans un contexte mondial fragilisé par l’insécurité persistante. « Malgré les efforts de la communauté internationale, l’insécurité continue de planer sur tous les pays », a déclaré le ministre devant ses pairs et représentants onusiens, soulignant que l’Afrique, en particulier l’Ouest du continent, reste une zone hautement vulnérable.
Pour Aboubacar Sidiki Camara, la déstabilisation régionale post-libyenne, les guerres civiles et les crises politiques ont ouvert la voie à un redéploiement du terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Ce constat dur mais lucide sert de toile de fond à l’offre guinéenne : une contribution significative au maintien de la paix, portée par une volonté politique assumée.
La Guinée ne part pas de rien. Elle revendique un passé militaire dans les missions de paix, depuis sa première intervention au Congo en 1960 jusqu’à sa récente présence au Mali. « Notre pays a connu deux agressions armées. Malgré les menaces persistantes à nos frontières, nous vivons une paix relative », a affirmé le ministre, appelant à une mutualisation des efforts et à des innovations stratégiques de la part des Nations Unies.
L’offre de Conakry est détaillée : un bataillon blindé de 650 hommes initialement prévu pour être déployé à Gao, un autre d’infanterie motorisée de 850 soldats certifiés selon les standards onusiens, et un contingent de 1 000 policiers formés pour les missions de police des Nations Unies. Des effectifs soutenus par un centre national dédié à la préparation des troupes aux missions internationales, mis à disposition par la Guinée.
Dans un monde où l’ordre se fissure et où les forces de paix peinent à contenir les foyers de tension, l’annonce guinéenne fait figure de rare signal positif venu d’un pays du Sud. Mais au-delà des chiffres et des discours, reste à observer l’impact concret de cet engagement sur le terrain. La paix, plus que jamais, exige des actes.
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