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Pèlerinage à vélo : Mamadou Kadialiou, laissé-pour-compte du Hadj ?

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Trois mille (3 000) kilomètres. Un vélo. Une foi inébranlable. Et au bout du chemin ? Un mur : l’indifférence bureaucratique.
Mamadou Kadialiou Baldé, citoyen guinéen, a quitté Conakry en octobre dernier avec un objectif clair : accomplir le Hadj en Arabie Saoudite. Mais contrairement aux milliers de pèlerins convoyés par avion, Kadialiou a choisi la voie la plus rude. La plus symbolique aussi : pédaler jusqu’à la Mecque.

Un itinéraire risqué, un exploit physique et spirituel. Il traverse le Nigeria, fait escale à Abuja, puis prend un avion pour éviter les zones de conflit au Tchad et au Soudan. Arrivé au Caire, il remonte sur sa bicyclette, file vers le sud de l’Égypte et, le 3 février, embarque pour l’Arabie Saoudite.

C’est là que le rêve s’effondre.

Visa Oumra : le piège administratif
Son visa n’est pas le bon. C’est un visa Oumra. Interdit de séjour durant le Hadj. Un détail administratif qui transforme un exploit en échec. Mamadou est sommé de quitter le territoire. Il obéit. Le 27 avril, il revient en Égypte, plus seul que jamais.

Il tente alors de faire ce que tout citoyen ferait : demander l’aide de son pays. Il contacte l’ambassade de Guinée à Riyad. Rien. Il se tourne vers le consulat de Djeddah. Silence. Une nouvelle fois, ce n’est pas le désert saoudien qui l’épuise, mais l’indifférence guinéenne.

Un appel, pas un caprice
« J’ai tout donné pour ce voyage : temps, énergie, argent. Aujourd’hui, je suis bloqué, et personne ne me répond. Je demande simplement à être aidé pour obtenir un visa Hadj. Je ne peux pas tout recommencer à zéro », déclare-t-il, la voix serrée.

L’homme ne quémande pas. Il alerte. Il interpelle. Le président de la République, le Secrétariat général des affaires religieuses, les leaders d’opinion : que vaut la foi d’un citoyen si son pays l’abandonne au seuil de la Mecque ?

Un précédent qui aurait dû alerter
Ce n’est pas une première. En 2024 déjà, Kadialiou avait rallié Conakry à Abuja à vélo pour le même objectif. Et déjà, un visa l’avait empêché d’atteindre son but. N’a-t-on tiré aucune leçon ? Faut-il qu’il tente une troisième fois, jusqu’à l’épuisement ?

Un silence qui en dit long
À l’heure où les réseaux sociaux bruissent d’indignation et d’admiration, les institutions, elles, restent muettes. Pourtant, Mamadou Kadialiou incarne ce que les discours officiels célèbrent à longueur de journée : courage, résilience, foi, patriotisme. Mais ces valeurs, faut-il les porter en cravate pour qu’elles soient reconnues ?

Le Hadj n’est plus très loin. Le temps presse. Et Mamadou Kadialiou attend. Non pas un miracle. Juste un visa. Et un signe que son pays le voit. Enfin.

Ibrahima Alhassane Camara pour Laguinee.info 

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