Face à la recrudescence des violences conjugales en Guinée, plusieurs organisations féministes tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à réagir.
Dans une déclaration de presse, elles expriment leur indignation et formulent une série de recommandations pour lutter contre ce fléau.
Une montée inquiétante des violences conjugales
Les associations signataires dénoncent une hausse préoccupante des violences au sein des foyers guinéens, soulignant les conséquences dramatiques sur les victimes et la société. « Ces violences ont des répercussions dévastatrices sur les victimes, leurs familles et la société dans son entièreté », précisent-elles.
Elles évoquent notamment l’affaire récente impliquant l’artiste guinéenne Djelikaba Bintou, victime présumée d’une agression violente de la part de son époux, le chanteur Azaya. Pour ces organisations, cet incident illustre la gravité du phénomène et met en lumière « un climat d’impunité préoccupant ».
Un appel à une réponse judiciaire ferme
Dans leur déclaration, les associations féministes interpellent les autorités judiciaires et demandent l’implication du Procureur de la République pour garantir que justice soit rendue aux victimes. Elles rappellent que le Code pénal guinéen prévoit des sanctions sévères en cas de violences physiques :
Article 239 : Une peine de 16 jours à 2 ans d’emprisonnement et une amende de 500 000 à 1 000 000 GNF pour des violences entraînant une incapacité de travail inférieure à 20 jours.
Article 241 : Une peine de 2 à 5 ans d’emprisonnement et une amende de 1 000 000 à 3 000 000 GNF si l’incapacité de travail dépasse 20 jours.
Article 242 : Une réclusion criminelle de 5 à 10 ans en cas de mutilations, amputations ou infirmités permanentes.
Article 243 : Une peine de 5 à 20 ans de réclusion criminelle si les coups ou blessures volontaires entraînent la mort sans intention de la donner.
Des mesures de protection et d’accompagnement des victimes
Outre la répression des auteurs de violences, les organisations féministes demandent des actions concrètes pour protéger les femmes et les filles victimes d’abus. Elles exigent notamment :
La mise en place immédiate de mesures de protection pour garantir la sécurité des victimes.
La création de structures de soutien médical, psychologique et juridique, afin d’accompagner les victimes et leurs proches dans leur reconstruction.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Les associations féministes encouragent la population guinéenne à se mobiliser contre les violences conjugales. Pour ce faire, elles lancent une campagne nationale de sensibilisation sous le hashtag #BalanceLe, visant à briser le silence et à dénoncer les auteurs de violences.
Elles réaffirment leur engagement à œuvrer pour un avenir où les femmes et les filles de Guinée vivront dans un environnement sûr, digne et respectueux de leurs droits humains.
Cette déclaration a été signée par plus d’une vingtaine d’organisations féministes engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre en Guinée.
Laguinee.info