Bien plus qu’une figure de proue dans la lutte pour les droits des travailleurs domestiques en Guinée, madame Doukouré Asmaou Bah incarne une force motrice au service des personnes vulnérables et sans défense.
Son parcours illustre le dynamisme du leadership féminin et la puissance de l’engagement individuel envers les travailleurs domestiques.
Sensibilisée par son vécu personnel, elle a été témoin des injustices et des exploitations auxquelles sont confrontés les travailleurs domestiques.
Cette pratique culturelle, répandue dans toutes les ethnies en Guinée, consiste souvent à envoyer de jeunes filles ou de jeunes garçons des villages vers des familles urbaines pour des tâches domestiques, les privant ainsi d’éducation et d’apprentissage
Professionnel, sans compensation financière adéquate. D’autres, ayant atteint l’âge de la majorité, exercent volontairement ce métier comme emploi professionnel.
Dans de nombreux cas, ces travailleurs et travailleuses domestiques sont victimes d’exploitation, de violences sous toutes ses formes et de maltraitances.
Animée par une conscience précoce, madame Doukouré a décidé de s’investir pleinement dans la lutte pour la reconnaissance et la protection des droits de ces travailleurs souvent invisibles.
C’est ainsi qu’elle a entrepris des actions concrètes pour donner voix aux travailleurs domestiques. Elle a initié des campagnes de sensibilisation visant à lutter contre les violences subies par ces travailleurs et à valoriser leur métier, réduisant ainsi la stigmatisation qui les entoure et leur permettant d’exercer leur profession sans honte.
Son leadership a également conduit à la création du Syndicat national des Travailleurs domestiques (SYNTRAD), devenu plus tard le Syndicat national des Employés de Maison (SYNEM), fournissant ainsi une plateforme pour l’organisation et la représentation de ces personnes vulnérables auprès des autorités publiques.
Par son plaidoyer acharné, elle a obtenu des avancées significatives pour les travailleurs domestiques en Guinée, notamment l’inclusion
Du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti ) dans leur salaire et la prise en charge d’une dizaine de petites filles victimes de violences domestiques pour leur réinsertion sociale.
La détermination de Madame Asmaou a permis de transformer des vies et d’ouvrir la voie à une plus grande justice sociale pour une catégorie de victimes longtemps négligée.
Ibrahima Diallo FNDC
« un extrait tiré de mon deuxième ouvrage sur l’engagement citoyen, qui paraîtra bientôt dans les éditions Falcon à Paris ».