vendredi, avril 4, 2025
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Gronde des enseignants contractuels non retenus : les promesses du gouvernorat de Kankan!

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La ville de Kankan a été le théâtre d’une manifestation d’une ampleur inédite ce jeudi, alors que des centaines d’enseignants contractuels non retenus à la fonction publique ont exprimé leur ras-le-bol face à une attente qui n’en finit plus.

Après des années de service souvent précaires, ces enseignants exigent la régularisation de leur situation et la signature de leurs arrêtés de réintégration, mettant ainsi l’État guinéen au défi de tenir ses promesses.
Le cortège, dense et déterminé, a pris son départ du terrain de l’université, un lieu symbolique de la transmission du savoir. Les manifestants ont ensuite convergé vers l’église Notre-Dame de Victoire et de la Paix, où ils ont cherché un réconfort spirituel et imploré l’intervention divine. Leur marche s’est poursuivie vers l’Inspection régionale de l’éducation (IRE), la Direction préfectorale de l’éducation (DPE) et le gouvernorat, autant de lieux où leurs revendications ont résonné avec une intensité palpable.

À la tête du mouvement, M. Diakité, président du collectif des enseignants contractuels, a exprimé sa profonde tristesse et sa détermination inébranlable. « Nous ne lâcherons rien tant que nos droits ne seront pas respectés. Nous avons trop longtemps souffert de l’indifférence de l’État. Il est temps que cela cesse », a-t-il déclaré avec émotion.
Les manifestants ont salué les propos de l’inspecteur régional de l’éducation, Moussa Kéita, qui a promis de transmettre leurs doléances aux autorités supérieures. « Nous espérons que son engagement se traduira par des actes concrets, et non par de simples paroles en l’air », a souligné M. Diakité, exprimant un scepticisme palpable.


M. Kéita, visiblement ému par la détresse des enseignants, a affirmé sa solidarité et promis une résolution rapide de leur situation. « Je comprends votre souffrance. Soyez assurés que je ferai tout mon possible pour que vos droits soient reconnus. Vos arrêtés seront signés dans les semaines à venir », a-t-il assuré, sans toutefois préciser de calendrier précis.
L’originalité de cette manifestation réside dans la démarche spirituelle des enseignants, qui ont sollicité la bénédiction des lieux de culte.

L’Abbé Joseph Diallo, représentant de la cathédrale de Kankan, a exprimé son soutien indéfectible : « Nous prions pour que les autorités entendent leur appel et leur accordent la justice qu’ils méritent. Mais la prière ne suffit pas, il faut des actes concrets. »
Au gouvernorat, en l’absence du gouverneur, le chef de cabinet, Almany Tounkara, a reçu une délégation de manifestants. Il a reconnu la légitimité de leurs revendications et a promis de transmettre un mémorandum détaillé aux autorités compétentes. « Nous ferons tout notre possible pour que votre situation soit examinée avec la plus grande attention », a-t-il déclaré, sans toutefois s’engager sur un résultat.


Alors que la manifestation touchait à sa fin, les enseignants se sont dirigés vers la résidence du grand imam de Kankan, dans l’espoir de recueillir sa bénédiction et son soutien. Leur détermination est palpable, leur patience à bout. La question qui se pose désormais est de savoir si cette nouvelle mobilisation portera ses fruits et si les autorités répondront enfin à leurs attentes légitimes, ou si elles continueront à ignorer la colère grandissante de ces enseignants, pilier essentiel du système éducatif guinéen.

Karifa Kansa Doumbouya, pour laguinee.info

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