Le 1ᵉʳ avril 2025, le général Mamadi Doumbouya, président du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), a fixé la date du tant attendu référendum constitutionnel en Guinée au 21 septembre 2025. Cette décision, tant attendue par une partie de l’opinion publique, a cependant provoqué des réactions critiques, notamment de la part de certains acteurs politiques qui dénoncent la précipitation et le manque de concertation. Parmi eux, Dr Lansana Faya Millimouno, président du Bloc Libéral, a exprimé son désaveu vis-à-vis de cette annonce.
« Un décret tombé au forceps« , a-t-il réagi chez nos confrères d’Africaguinee.com, s’interrogeant sur les raisons qui ont poussé les autorités à fixer cette date. Pour lui, cette décision semble avoir été prise dans l’urgence pour apaiser les critiques, plutôt que dans le cadre d’une planification sérieuse et réfléchie du processus référendaire. « Après les annonces de 2023, censées se concrétiser en 2024, mais qui ne l’ont pas été, la Guinée se trouvait à un carrefour. La date du 21 septembre 2025 semble avoir été avancée dans un souci de rassurer l’opinion, sans garantir qu’elle soit respectée », a ajouté Dr Faya Millimouno.
Loin de se contenter de ce constat, le président du Bloc Libéral met en lumière un aspect fondamental du processus électoral : la gestion du temps et le respect des procédures. Selon lui, la loi stipule qu’un décret doit convoquer le corps électoral au moins quarante jours avant le scrutin pour entamer la campagne électorale. Or, à cinq mois de l’échéance annoncée, le pays est encore en phase de recrutement des agents recenseurs. « Il reste encore trop de zones d’ombre pour affirmer que ce référendum aura effectivement lieu en septembre« , a-t-il souligné.
Pour l’opposant, l’absence de concertation avec les acteurs politiques et la gestion autocratique des affaires publiques par le CNRD suscitent des préoccupations majeures. « Gouverner comme si la Guinée était une monarchie absolue, sans dialogue avec les autres forces politiques, est une approche inquiétante« , a déploré Dr Faya Millimouno. Un constat d’autant plus flagrant, selon lui, dans un contexte où les dirigeants semblent faire fi de leurs engagements envers le peuple. « La presse doit jouer son rôle en vérifiant les faits et en rappelant les promesses non tenues du CNRD », a-t-il insisté.
Le président du Bloc Libéral a également dénoncé ce qu’il considère comme un double discours du CNRD sur la question de la politisation de l’administration. « Lorsque Mamadi Doumbouya a pris le pouvoir le 5 septembre 2021, il dénonçait la politisation excessive de l’administration. Aujourd’hui, cette politisation est omniprésente, avec des déplacements massifs de personnes à travers le pays, utilisant des moyens de l’État« , a-t-il affirmé, appelant à une gestion plus éthique et transparente des ressources publiques.
Dr Lansana Faya Millimouno a souligné le scepticisme de la population face à ce processus référendaire, rappelant que, par le passé, de nombreuses promesses n’ont jamais été tenues. « Ce n’est pas parce qu’une date a été annoncée aujourd’hui que cela se concrétisera. L’histoire récente nous a appris que les engagements du CNRD ne sont pas toujours suivis d’effets« , a-t-il conclu.
Le débat sur le référendum constitutionnel en Guinée continue de diviser la classe politique et la société civile. Alors que la date du 21 septembre approche, la question reste de savoir si ce processus sera véritablement transparent, inclusif et respectueux des principes démocratiques.
Laguinee.info