Après des mois d’attente et de pression populaire, le gouvernement de transition guinéen a enfin fixé la date du référendum constitutionnel. Le scrutin se tiendra le 21 septembre 2025, conformément au décret présidentiel publié ce mardi 1er avril. Une annonce qui, loin de calmer les esprits, a ravivé les tensions politiques.
Le RPG Arc-en-ciel sceptique
Aboubacar Demba Dansoko, membre du bureau politique national du RPG Arc-en-ciel, le parti de l’ancien président Alpha Condé, a immédiatement réagi à cette annonce. Pour lui, il s’agit d’un « engagement en l’air », sans fondement sérieux. Il accuse les autorités de transition de « jeter la poudre aux yeux du peuple » et de chercher à « soulager leur propre conscience ».
Recensement biométrique : une dépense inutile ?
Le RPG Arc-en-ciel critique également la décision de lancer un nouveau recensement biométrique, prévu à partir du 15 avril prochain. Le parti estime qu’une simple révision du fichier électoral existant, déjà audité par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), serait une option plus judicieuse et moins coûteuse.
« Pourquoi le CNRD obligerait donc l’État guinéen à engager des dépenses extraordinaires et perdre du temps dans un nouveau recensement dont lui-même apparemment ne sait pas comment procéder ? », s’interroge Aboubacar Demba Dansoko rapporté par nos confrères de mosaïqueguinee.com . Il y voit une manœuvre délibérée pour « confisquer le pouvoir » et « faire taire toutes les voix dissonantes ».
Un climat de méfiance
Les déclarations du RPG Arc-en-ciel témoignent d’un climat de méfiance persistant entre le gouvernement de transition et une partie de la classe politique guinéenne. Alors que le référendum constitutionnel est censé marquer une étape cruciale vers un retour à l’ordre constitutionnel, les accusations de manipulation et de manque de transparence risquent de compromettre la crédibilité du processus électoral.
Le peuple guinéen, quant à lui, observe attentivement l’évolution de la situation, partagé entre l’espoir d’un avenir démocratique et la crainte d’une nouvelle crise politique.
Laguinee.info