Lors de son discours à la nation, le Général Mamadi Doumbouya avait annoncé qu’il prendrait un décret pour la tenue du référendum constitutionnel, au troisième trimestre de l’année 2025.
Cette annonce avait suscité l’espoir, puisque ce processus est une étape cruciale du retour à l’ordre constitutionnel.
Cependant, trois mois après cette annonce, aucun décret n’a été pris dans ce sens.
Aucune raison n’a aussi été invoquée par les autorités de la transition, mais tout porte à croire que l’absence de fichier électoral est à la base de ce retard.
Sur le terrain d’ailleurs, l’heure est aux derniers réglages pour le recensement biométrique. Ce mardi 1er avril 2025, les kits d’enrôlement ont été réceptionnés à l’aéroport international Ahmed Sekou Touré, par la directrice nationale des affaires politiques et de l’administration électorale.
Du côté du Conseil National de la Transition, les experts qui devaient donner leur avis sur le projet de constitution n’ont été réunis que le 6 mars dernier, selon nos informations. Et c’est à la suite de ce travail que le président du CNT devait transmettre le document au président de la transition. Ce qui n’a pas été fait, à date. En tout cas, de façon officielle.
C’est probablement après toutes ses étapes que le décret fixant la date du référendum sera pris. Ce qui ferait une perte de plusieurs mois, alors que toutes les élections devraient se tenir courant 2025, si on s’en tient, aux déclarations du premier ministre, chef du gouvernement.
Au sein de l’opinion, le processus suscite des interrogations. Avec plusieurs mois déjà perdus, toutes les élections peuvent-elles être organisées cette année ?
Qu’elle est la structure qui sera chargée d’organiser les élections ? Puisque jusque-là, il n’y a pas de décision là-dessus.
Pendant que certains proposent la mise en place d’un organe de gestion des élections, d’autres estiment que le pays peut bien se passer de cela, et confier la gestion des scrutins au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation.
Autant de question qui restent pour le moment sans réponses.
Et selon de nombreux observateurs, le retard dans l’organisation des élections pourrait engendrer plusieurs conséquences.
– L’absence de calendrier précis alimenterait les spéculations et les rumeurs, créant un climat d’incertitude ;
– Le non-respect des engagements pris par le gouvernement pourrait éroder la confiance de l’opinion publique envers le processus de transition ;
– Les partis politiques et la société civile pourraient exprimer leur mécontentement face à ce retard, étant donné que depuis plusieurs mois ils exigent le retour à l’ordre constitutionnel ;
– Le retard dans l’organisation des élections pourrait également nuire à la crédibilité de la Guinée auprès de ses partenaires internationaux, qui attendent des avancées concrètes dans le processus de transition.
Il faut tout de même espérer que les choses iront dans le bon sens, une fois que le recensement biométrique sera achevé.
DOURA