Il est toujours délicat de répondre à un pseudonyme, qui s’apparente davantage à un masque qu’à un véritable interlocuteur. Cependant, puisque votre journal est identifiable, je m’adresse à vous dans l’espoir d’un débat constructif et transparent.
1. Une critique mal orientée
Mon tweet, dont voici le lien : [https://x.com/vieuxmko/status/1905950083746574459?s=46](https://x.com/vieuxmko/status/1905950083746574459?s=46), visait à ouvrir une réflexion sur la grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara et ses implications pour l’avenir de la Guinée. Il ne s’agissait pas de disqualifier les critiques comme vous le faites si mal, mais d’interroger les fondements et les conséquences de cette décision.
Vous avez choisi de détourner le débat en concentrant vos attaques sur mon bilan en tant qu’ancien ministre de la Justice au Mali. Ce procédé, bien que familier dans les polémiques, ne répond en rien aux questions soulevées.
2. Mon bilan : un prétexte pour éluder le fond
Vous insistez sur mon bilan ministériel, mais en quoi cela invalide-t-il mes arguments actuels ?
– Peut-on disqualifier toute critique sous prétexte que son auteur n’est pas parfait ?
– Si la pureté absolue était exigée de tous ceux qui prennent la parole, combien de voix resteraient audibles ?
Je tiens à rappeler que j’ai documenté mon expérience ministérielle dans un ouvrage intitulé « La justice en Afrique, grand corps malade, le cas du Mali », disponible en ligne : [https://www.lgdj.fr/justice-en-afrique-ce-grand-corps-malade-9789995270261.html](https://www.lgdj.fr/justice-en-afrique-ce-grand-corps-malade-9789995270261.html). Je vous invite à le consulter pour une analyse plus complète de mon action passée. Tout comme vous pourriez prendre connaissance du procès-verbal de passation de services lorsque j’ai démissionné de mes fonctions de ministre de la justice : http://www.mamadoukonate.com/2018/01/03/des-actions-entreprises-du-mon-ministere/
3. Le vrai débat : justice et réconciliation nationale
Le cas de Moussa Dadis Camara dépasse les querelles personnelles ou les règlements de comptes politiques. Il pose une question cruciale : comment une nation peut-elle se réconcilier avec son passé tout en rendant justice aux victimes ?
Quelques incohérences méritent d’être relevées :
a) La grâce présidentielle concerne un crime contre l’humanité, l’un des plus graves dans l’échelle des infractions.
b) La procédure judiciaire est toujours en cours, un appel ayant été formé.
c) Le garde des Sceaux, prétendument à l’origine de cette demande, n’a pas cette prérogative selon la loi.
d) Une centaine de personnes demeurent en détention pour des faits liés à ceux reprochés à Moussa Dadis Camara, aujourd’hui gracié.
e) La maladie, invoquée comme motif de la grâce, n’est pas prévue par la loi.
f) À ce jour, aucune indemnisation n’a été accordée aux victimes du massacre du 28 septembre 2009.
En vous focalisant sur ma personne, vous passez à côté de ces enjeux essentiels. La Guinée mérite mieux qu’un débat réduit à des attaques personnelles.
4. En conclusion : recentrons le débat
Votre article, malgré son ton passionné, manque de fond. Les attaques ad hominem ne répondent pas aux vraies questions :
– La grâce accordée à Moussa Dadis Camara renforce-t-elle ou affaiblit-elle la confiance dans les institutions ?
– Comment garantir que les victimes du 28 septembre 2009 ne soient pas oubliées dans ce processus ?
Ces interrogations méritent des réponses sérieuses et un débat dépassionné. Je vous invite donc à recentrer vos analyses sur les véritables enjeux, plutôt que de vous réfugier derrière des attaques personnelles sans fondement.
Mamadou Ismaïla KONATÉ
Mamadou I. KONATE
Avocat, Associé
Barreaux du Mali et de Paris
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