Le débat sur la liberté d’expression et d’association refait surface en Guinée. Depuis l’annonce, le 31 décembre dernier, de la reprise totale des activités politiques par le président de la transition, une inégalité de traitement semble persister entre les partisans du pouvoir et l’opposition. Alors que les manifestations en faveur du CNRD sont autorisées, celles de l’opposition restent interdites, soulevant des interrogations et des critiques.
Interpellé sur cette situation, le Premier ministre Bah Oury a tenu à apporter des clarifications. Selon lui, les partis politiques sont bel et bien libres de mener leurs activités sur tout le territoire national, à condition de respecter les lois en vigueur. « Depuis quatre jours, les 76 partis qui ont eu leur certificat de conformité avec tous les critères établis par le ministère de tutelle sur le plan administratif ont la possibilité de mener leurs activités sur l’ensemble du territoire national, sans restriction, dans le respect des règles, des principes et des lois », a-t-il expliqué selon visionguinee.com.
Concernant la question des manifestations de l’opposition, qui relèvent d’un droit prévu par la loi, Bah Oury a tenu un discours nuancé : « C’est tout à fait normal. Mais la question fondamentale de la démocratie, vous la laissez de côté pour vous intéresser à un aspect superficiel : les manifestations, qui consistent à créer des troubles ». Une déclaration qui risque de crisper davantage l’opposition, qui revendique justement le droit d’exprimer ses revendications dans la rue.
Quant à la possibilité pour l’opposition de manifester dans les mêmes conditions que les partisans du pouvoir, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de garantir la sécurité des manifestants. « L’essentiel est que tout soit conforme aux lois de la République. Que l’on soit partisan ou opposant, appeler à une manifestation sans garantir les conditions minimales de sécurité des participants n’est pas autorisé. C’est ce qu’il s’est passé à Nzérékoré », a-t-il souligné.
Cette prise de position du Premier ministre ne convainc pas pour autant les détracteurs du régime, qui estiment que ces restrictions sont une manière d’étouffer la contestation. Pour l’instant, l’opposition continue de dénoncer un traitement inégal et réclame un respect effectif des libertés politiques dans le pays.
Laguinee.info