L’Institut de Recherche sur la Démocratie et l’État de Droit (IRDED) a publié une déclaration exprimant sa profonde indignation face au démantèlement du Tribunal pour enfant de Conakry. Selon l’organisation, cette juridiction spécialisée a été expulsée de son siège actuel sans préavis et sans qu’aucune solution de relocalisation durable ne soit prévue.
Ce tribunal, fruit de nombreux efforts de plaidoyer et de lobbying, joue un rôle essentiel dans la protection des droits des mineurs en Guinée. Il traite des affaires sensibles telles que la garde d’enfants, l’octroi de pensions alimentaires, les abandons et les cas de violences graves contre des mineurs. Son expulsion brutale suscite une vague d’indignation au sein de la société civile et des défenseurs des droits humains.
Un symbole de l’abandon des enfants en Guinée
L’IRDED dénonce un « abandon et une négligence » de la part des autorités guinéennes, alors que de nombreux pays renforcent au contraire leurs institutions en charge des mineurs. « Comment pouvons-nous prétendre bâtir un avenir pour notre pays si nous délaissons la frange la plus vulnérable de notre société ? » s’interroge l’organisation dans sa déclaration.
La Guinée, signataire de plusieurs conventions internationales sur la protection de l’enfance, a l’obligation légale et morale de garantir un environnement judiciaire adapté aux besoins des mineurs. L’IRDED rappelle que la justice pour enfants ne peut fonctionner sans des infrastructures adéquates et des magistrats placés dans des conditions de travail optimales.
Un appel à l’action
Face à cette situation, l’IRDED appelle à une mobilisation générale. L’organisation exhorte le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour réinstaller définitivement le Tribunal pour enfant dans un local approprié. Elle interpelle également la société civile, les institutions nationales et internationales, ainsi que les organisations de défense des droits humains, afin qu’elles se joignent à cette revendication légitime.
« Le silence n’est pas une option », insiste l’IRDED. « Nous devons choisir entre défendre les droits de nos enfants ou rester complices d’une injustice flagrante. » L’inquiétude est grande quant aux conséquences de cette situation sur la protection de l’enfance en Guinée.
La balle est maintenant dans le camp des autorités, qui devront réagir face à cette crise susceptible de ternir davantage l’image de la justice guinéenne.
Laguinee.info