jeudi, avril 3, 2025
spot_img
spot_img

Kankan : les journalistes divisés boudent la rupture collective

À LIRE AUSSI

La rupture collective organisée ce lundi 24 mars 2025 à la radio de Kankan devait être un moment de fraternité entre professionnels des médias. Comme chaque année, journalistes et autorités locales étaient conviés à partager ce repas marquant les dix derniers jours du Ramadan.

Mais un fait n’a pas échappé aux observateurs : l’absence notable de nombreux journalistes. Si certains ont d’abord pensé à un empêchement de dernière minute, il s’avère que cette défection cache en réalité un profond malaise au sein de la corporation.

Deux camps, une seule profession

D’après nos investigations, la fracture qui divise actuellement les journalistes de Kankan oppose l’Association des Journalistes de la Région de Kankan (AJRK), dirigée par Laye Famo Condé, et un groupe dissident constitué de plusieurs directeurs de radios, qui se sont regroupés sous la bannière du Collectif des Radios.

Ces derniers reprochent à l’AJRK de prendre des décisions sans les consulter et de monopoliser la représentation des journalistes auprès des autorités. Frustrés de ce qu’ils perçoivent comme une mise à l’écart, ils ont choisi de se désolidariser des activités pilotées par l’association, dont cette rupture collective.

Une question d’influence ?

Au-delà des divergences organisationnelles, ce conflit semble aussi alimenté par des questions de pouvoir et de notoriété. Selon certaines sources, la popularité croissante de Laye Famo Condé, notamment auprès des jeunes reporters, suscite des tensions. Ses détracteurs, parmi lesquels certains directeurs de radio, lui reprocheraient de concentrer trop d’influence et de ne pas assez partager la gestion de la corporation.

Un autre élément a jeté de l’huile sur le feu : un bœuf offert par un auditeur en guise de contribution à la rupture aurait été récupéré par des directeurs de radios, alimentant davantage la discorde et renforçant les suspicions de favoritisme.

Une profession fragilisée

Ce climat de tension ne sert ni les journalistes ni l’image de la profession. Une corporation divisée perd en crédibilité et en influence, au risque de se voir marginalisée par les autorités et le public.

L’heure est donc au dialogue. Faute de quoi, cette rupture au sens figuré comme au sens propre risque de marquer durablement le paysage médiatique de Kankan.

 

De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya pour Laguinee.info.

- Advertisement -
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS