jeudi, avril 3, 2025
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Gestion du marché Bantounka 1 : un bail de 60 ans, un manque à gagner, le maire explique tout !

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Le marché Bantounka 1, situé dans la commune de Lambanyi, est au cœur d’une vive polémique. Des vendeurs dénoncent leur déguerpissement, accusant l’ancienne et l’actuelle équipe municipale d’avoir orchestré la privatisation du marché à des fins personnelles. Face à ces accusations, le maire de Lambanyi, Fafa M’bira Mané, a organisé une conférence de presse le 25 mars 2025 pour clarifier la situation.

Un bail signé sous l’ancienne administration

Selon le maire, le bail du marché Bantounka 1 a été signé avant l’arrivée de son équipe à la tête de la commune. « Le marché a été baillé au moins un an avant mon arrivée à la tête de la délégation spéciale de Lambanyi », a-t-il expliqué. Il justifie cette décision par un déficit de recettes, qui a poussé la municipalité à céder l’exploitation du marché à un investisseur privé.

« L’État met à disposition la terre, mais lorsque les occupants refusent de payer la commune, il faut chercher une autre solution », a souligné Fafa M’bira Mané.

Des recettes insuffisantes pour la mairie

Le maire a révélé que le marché ne générait que 7 millions de francs guinéens par mois, alors que les attentes tournaient autour de 33 millions. Ce manque à gagner a motivé la décision de confier la gestion du marché à un privé. « La décentralisation est flexible et permet aux collectivités de céder l’exploitation d’un marché lorsque la gestion municipale ne répond pas aux attentes », a-t-il rappelé.

Une opportunité financière pour la commune

Loin d’être une simple cession, le maire a insisté sur les bénéfices attendus de ce bail. « Avec cet investissement, nous espérons générer des recettes mensuelles de 70 à 85 millions de francs guinéens », a-t-il annoncé.

L’investisseur s’est également engagé à moderniser le marché avec un budget de 65 milliards de francs guinéens. Fafa M’bira Mané a précisé que ce dernier avait déjà réalisé des projets similaires à Conakry, notamment à la Cimenterie et à Matam.

Une contestation teintée d’intérêts personnels ?

Les protestations des commerçants ne trouvent pas grâce aux yeux du maire, qui les accuse d’agir dans leur propre intérêt. Selon lui, certains manifestants auraient tenté de négocier leur silence en échange de paiements. « Ils ont demandé 35 millions de francs guinéens par boutique au preneur pour convaincre les autres d’abandonner leur opposition. Maintenant qu’ils n’ont pas obtenu gain de cause, ils se retournent contre nous », a-t-il dénoncé.

Un bail de 60 ans jugé excessif

Un autre point de discorde réside dans la durée du contrat, fixée à 60 ans. Le maire a reconnu que cet engagement était trop long et qu’il n’aurait pas signé un tel accord s’il en avait eu le choix. « Un maire élu pour 5 ans peut signer un bail allant jusqu’à 10 ou 15 ans maximum, mais pas au-delà », a-t-il précisé, soulignant qu’il avait hérité de cette situation.

Vers une issue judiciaire ?

Face à la montée des tensions, Fafa M’bira Mané n’exclut pas une action en justice. « Si la situation perdure, nous saisirons le tribunal de première instance de Dixinn pour qu’il trouve une solution définitive », a-t-il conclu.

À moins d’une intervention des autorités nationales, le litige autour du marché Bantounka 1 semble bien parti pour se régler devant les tribunaux.

 

IAC, pour laguinee.info

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