La Cour de justice de la CEDEAO a rendu un verdict sévère contre la République de Guinée dans l’affaire des répressions liées au troisième mandat d’Alpha Condé entre 2019 et 2020. Cette instance supranationale a reconnu l’État guinéen coupable de violations des droits de l’Homme et l’a condamné à verser une indemnisation de cinq (5) millions de FCFA à plusieurs membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).
Une reconnaissance des violations des droits de l’Homme
Cette décision vient sanctionner les violences exercées contre les manifestants opposés au maintien d’Alpha Condé au pouvoir après deux mandats. À l’époque, de nombreuses arrestations, répressions violentes et atteintes aux libertés fondamentales avaient été dénoncées par les organisations de défense des droits humains.
La condamnation de la Guinée par la CEDEAO marque donc une reconnaissance officielle des exactions commises sous le régime Condé. Reste à savoir comment l’État guinéen réagira face à cette sanction.
Une décision saluée, mais jugée tardive
Interrogé par notre rédaction ce jeudi 20 mars 2025, Dr. Édouard Zoutomou Kpoghomou, président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRP), s’est réjoui de ce verdict, tout en déplorant le retard de la justice régionale.
« Je pense que la décision est tardive d’ailleurs. Cette décision aurait dû intervenir depuis très longtemps. Effectivement, ce sont des mesures que la Cour de justice de la CEDEAO devrait prendre parce qu’on ne peut museler des gens, imposer un 3ᵉ mandat qui était illégal. Et, c’est la même chose que cette junte veut faire pour s’éterniser au pouvoir. Donc, cette décision est une très bonne chose. Comme ça, il n’y aura pas d’exclusion dans le déroulement des processus politiques », a-t-il déclaré chez siaminfos.com.
Ces propos reflètent une inquiétude persistante quant aux dérives autoritaires en Guinée. Alors que le pays est sous régime militaire depuis le coup d’État de 2021, la question du retour à un pouvoir civil reste une préoccupation majeure.
Un signal fort pour les régimes autoritaires ?
En condamnant la Guinée, la Cour de justice de la CEDEAO envoie un message clair aux dirigeants de la région tentés par la présidence à vie ou par des violations répétées des droits fondamentaux. Mais cette décision sera-t-elle réellement dissuasive ? Tout dépendra de sa mise en œuvre et de la volonté des États membres de la CEDEAO à faire respecter ses verdicts.
Pour l’heure, cette condamnation apporte une reconnaissance aux victimes des répressions et relance le débat sur l’impunité des violences politiques en Guinée et en Afrique de l’Ouest.
Laguinee.info