vendredi, mars 28, 2025
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Que reste-t-il de la conviction politique en Guinée ?

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Il fut un temps où militer était un acte de foi. Où l’engagement politique impliquait des sacrifices, des risques, une loyauté inébranlable envers une cause. Mais aujourd’hui, que reste-t-il de ces idéaux ? Rien qu’une triste comédie où certains, déguisés en acteurs du changement, ne sont en réalité que des figurants du chaos, toujours prêts à troquer leurs discours d’hier contre les promesses d’aujourd’hui.

Le spectacle est connu. Après des années passées à gravir les échelons d’un parti, à clamer haut et fort leur attachement à des valeurs qu’ils disaient immuables, les voilà qui, du jour au lendemain, découvrent qu’ils ne s’y reconnaissent plus. Ils évoquent des « dérives », des « décalages idéologiques », des « décisions contraires à leurs principes ». Mais en réalité, le problème n’a rien à voir avec des convictions. Il s’agit simplement d’un calcul, d’un repositionnement, d’une tentative désespérée de rester à la surface alors que le navire tangue.

Une fidélité à géométrie variable

L’engagement politique est devenu une vaste mascarade où les convictions ne valent rien face aux opportunités. On adhère non pas pour un idéal, mais pour ce qu’on peut en tirer. On se bat non pas pour les autres, mais pour soi. Et quand le vent tourne, on change d’étendard avec une aisance déconcertante, prétendant avoir « ouvert les yeux », alors qu’il ne s’agit que d’un simple réflexe de survie.

Ceux qui trahissent aujourd’hui sont pourtant ceux qui, hier encore, exigeaient loyauté et discipline des autres. Ceux qui juraient fidélité à une cause, ceux qui dénonçaient les renégats, ceux qui pointaient du doigt les déserteurs. Mais voilà qu’ils tombent dans le même travers, avec la même hypocrisie, la même justification bancale.

Les nouveaux convertis de la dernière heure

Ce qui frappe, c’est la rapidité avec laquelle ces girouettes trouvent une nouvelle terre d’accueil. A peine ont-ils rompu avec leur ancien engagement qu’ils se jettent dans les bras de ceux qu’ils combattaient hier, découvrant subitement en eux une vision « lucide », un projet « ambitieux », une « voie d’avenir ». Et les voilà, chantres d’un nouvel évangile politique, alignant les éloges, reniant tout ce qu’ils ont défendu jusque-là, sans l’ombre d’un remords.

Le pire, c’est qu’ils pensent berner tout le monde. Ils s’imaginent stratèges, calculant leurs mouvements avec l’assurance d’un maître du jeu. Mais ils ne sont que des pions, manipulables à souhait, récupérables et jetables à la première occasion. Car un opportuniste n’est respecté par personne, même pas par ceux qui l’accueillent. Il n’est qu’un outil temporaire, un moyen parmi tant d’autres pour servir des intérêts supérieurs aux siens.

Un héritage de trahison

L’histoire est implacable avec ceux qui ont trahi. Ils sont nombreux à avoir cru qu’en changeant de camp, ils garantissaient leur avenir. Où sont-ils aujourd’hui ? Perdus dans l’oubli, rejetés par ceux qu’ils ont quittés et méprisés par ceux qu’ils ont rejoints. Leur nom n’inspire ni admiration ni respect, mais seulement le souvenir amer d’un passage sans gloire.

Le véritable engagement ne se marchande pas. Il ne suit pas les caprices du moment. Il ne s’adapte pas aux circonstances favorables. Il exige du courage, de la constance et un sens du devoir qui va au-delà des intérêts personnels. Ceux qui l’ont compris restent debout, coûte que coûte. Les autres, ces mercenaires de la politique, continueront à errer sans destination, à la recherche d’un nouveau refuge, jusqu’au jour où plus personne ne voudra d’eux.

 

Le Citoyen de Guinée 

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