jeudi, avril 3, 2025
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Guinée-Bissau : la mission politique de la CEDEAO écourtée après des tensions avec le président Embaló

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Dépêchée en Guinée-Bissau pour aider à tracer une feuille de route vers des élections inclusives et pacifiques en 2025, la mission politique de haut niveau de la CEDEAO a quitté précipitamment Bissau, le 1er mars, sur fond de tensions avec le président Umaro Sissoco Embaló.

Un dialogue politique sous pression

Sur instruction de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, le président de la Commission, Dr Omar Alieu Touray, avait envoyé cette mission conjointe avec le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) du 21 au 28 février 2025. L’objectif : faciliter un consensus entre les acteurs politiques pour l’organisation d’élections transparentes.

Reçue en audience par le chef de l’État bissau-guinéen, la délégation a multiplié les consultations avec les autorités, les partis politiques, la société civile et les partenaires internationaux. Un projet d’accord sur la feuille de route électorale a même été élaboré et soumis aux parties prenantes pour discussion.

Un départ précipité après des menaces d’expulsion

Si la mission semblait avancer dans un climat de dialogue, la situation a brusquement basculé. Selon des sources concordantes, le président Embaló aurait proféré des menaces d’expulsion à l’encontre de la délégation, conduisant à son départ anticipé. Un développement inattendu qui interroge sur la volonté réelle des autorités bissau-guinéennes de coopérer avec l’organisation sous-régionale.

La mission, qui doit désormais présenter son rapport au président de la Commission de la CEDEAO, reste prudente dans sa communication, appelant les parties prenantes et les citoyens au calme et à la préservation de la paix.

Un nouvel épisode dans les relations tumultueuses entre Bissau et la CEDEAO

Ce départ précipité n’est pas anodin. Il reflète les tensions récurrentes entre la Guinée-Bissau et la CEDEAO, dont le président Embaló n’a jamais caché son agacement face à certaines interventions. En 2022 déjà, il critiquait ouvertement l’organisation, dénonçant des ingérences dans les affaires internes de son pays.

Reste à savoir si la CEDEAO, malgré cet épisode, parviendra à maintenir son rôle de médiateur dans un pays où les crises politiques sont légion. L’avenir du processus électoral en Guinée-Bissau pourrait bien dépendre de la capacité des différents acteurs à surmonter ces nouvelles turbulences.

Laguinee.info

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