On connaissait Jean-Luc Mélenchon incisif, mais cette fois, il s’est surpassé. Après la rencontre avortée entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, le leader de La France Insoumise a dégainé un réquisitoire cinglant contre la politique américaine et l’alignement, selon lui, aveugle des Européens.
Dans un message sans concession, il fustige la posture humiliante imposée à Zelensky par Trump et pointe du doigt l’illusion d’une autonomie stratégique européenne. « En humiliant Zelensky, Trump prouve qu’il n’a rien à faire du soi-disant accord avec Macron », attaque-t-il d’entrée, renvoyant dans les cordes l’idée d’un partenariat équilibré entre Washington et les capitales européennes.
Un coup de gueule contre l’alignement atlantiste
Mélenchon ne s’arrête pas là. Pour lui, ce qui s’est joué dans le Bureau ovale dépasse largement la seule question ukrainienne : c’est un révélateur du mépris américain pour ses alliés et du traitement que subissent ceux qui osent négocier sans plier. « Les Européens découvrent comment les USA traitent l’Amérique du Sud et ses dirigeants depuis un siècle », poursuit-il, comparant la position de l’Europe à celle des nations longtemps soumises aux diktats de Washington.
Ce discours fait écho à son analyse constante de la géopolitique : les dirigeants européens, qu’il qualifie d’« atlantistes », se seraient rendus coupables d’une « capitulation sans condition ». Une critique à peine déguisée envers Emmanuel Macron et ses tentatives d’affirmer une autonomie stratégique européenne tout en maintenant des liens étroits avec les États-Unis.
Zelensky, « courageux » malgré tout ?
Si l’ancien candidat à la présidentielle n’a jamais fait mystère de son opposition à la ligne pro-Kiev du gouvernement français, il réserve cette fois une surprise en accordant un certain crédit à Volodymyr Zelensky. Pour Mélenchon, le président ukrainien a au moins eu le mérite de tenir tête à Trump et d’éviter un abaissement total du continent : « Sans son aplomb, notre continent afficherait un statut de simple colonie des USA dont les chefs vont se taper dans le dos avec leur copain Trump. »
Un compliment sous forme de gifle, qui souligne surtout la faiblesse des autres dirigeants européens face à l’hégémonie américaine. En creux, Mélenchon dénonce une Europe trop docile, qui se laisse dicter sa ligne par Washington sans imposer ses propres intérêts.
Un message qui fait écho en Europe
M.Mélenchon est loin d’être le seul à tiquer sur les conséquences de ce clash diplomatique. En Allemagne, en Italie ou même en France, certains observateurs commencent à s’inquiéter d’un retour d’un Trump ultra-unilatéraliste, prêt à abandonner l’Europe à son sort si elle ne sert pas directement ses intérêts économiques et stratégiques.
Si l’humiliation de Zelensky par Trump devait servir de leçon, ce serait peut-être celle-ci : le mythe d’un partenariat équilibré entre l’Europe et les États-Unis ne tient plus que par la foi de ceux qui veulent encore y croire. Mélenchon, lui, n’y croit plus depuis longtemps.
Laguinee.info