jeudi, février 27, 2025
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TPI de Mafanco : Amara Condé risque 7 ans de prison pour trafic international de cocaïne

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Le procès d’Amara Condé, accusé de trafic international de cocaïne, a connu un tournant décisif mardi 25 février 2025 devant le tribunal criminel de Mafanco.

Cet homme de 38 ans, interpellé en possession de 4,4 kg de cocaïne provenant de Thaïlande, fait face à une demande de condamnation à 7 ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende de 224 millions de francs guinéens (FG) et d’une réparation civile record de 500 millions de FG réclamée par l’État guinéen.

Arrêté en flagrant délit lors d’un contrôle douanier à l’aéroport de Conakry, Amara Condé a reconnu avoir transporté un colis contenant la drogue, dissimulée dans une valise à double fond.

Selon l’enquête, le trafic s’inscrirait dans un réseau plus vaste lié à des passeurs nigérians, bien que les connexions exactes restent à élucider. Après deux années de détention provisoire et une série d’audiences, le tribunal a examiné mardi les réquisitions finales.

L’Agent Judiciaire de l’Etat, représenté par Me René Christophe Labilé, a insisté sur le préjudice multidimensionnel causé par le narcotrafic.

« La cocaïne ne se contente pas de détruire des vies, elle sape les institutions, alimente la corruption et finance le crime organisé », a-t-il déclaré, exigeant une réparation de 500 millions de FG pour « compenser les coûts sociaux et sécuritaires » engendrés.

Une somme justifiée, selon lui, par l’ampleur des dommages collatéraux : augmentation de la délinquance, pression sur les systèmes de santé, et déstabilisation économique.

Le ministère public, par la voix de Siba Toupou, a renchéri en réclamant une peine exemplaire.

« L’accusé savait pertinemment ce qu’il transportait. Le trafic de stupéfiants n’est pas une erreur de jeunesse, mais un choix criminel qui expose la nation entière. »

Le procureur a souligné que les 4,4 kg saisis, d’une valeur estimée à plusieurs milliards de FG sur le marché noir illustrent la gravité des faits, nécessitant une réponse pénale sans complaisance.

Me Adams Salomon Camara, avocat de la défense, a pour sa part dépeint un homme « piégé par la précarité ». Il a rappelé qu’Amara Condé, père de quatre enfants et ancien employé d’une société de logistique, aurait agi sous la contrainte économique après avoir perdu son emploi.

« Son rôle se limite à celui d’un transporteur naïf, manipulé par des réseaux transnationaux. Il est une victime, non un acteur central », a plaidé l’avocat, invoquant l’article 51 du Code pénal guinéen sur les circonstances atténuantes.

La défense a par ailleurs contesté la légitimité de la réparation de 500 millions de FG, qualifiée de « disproportionnée » et « non chiffrée objectivement ».

Me Camara a argué que l’État n’a pas fourni de preuves tangibles du préjudice direct, transformant selon lui cette demande en « punition supplémentaire » plutôt qu’en indemnisation.

En personne, Amara Condé a adopté une posture de contrition, implorant la clémence du tribunal au nom de ses responsabilités familiales.

« Je supplie Dieu et la justice de me pardonner. Mes enfants, que je n’ai pas vus depuis deux ans, je crains qu’ils ne deviennent des délinquants. »

Après avoir entendu toutes les parties, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 4 mars 2025.

Laguinee.info

 

 

 

 

 

 

 

 

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