jeudi, février 27, 2025
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Dabola, zone minière stratégique : Pourquoi l’exploitation reste bloquée ?

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Située au centre géographique de la Guinée, la préfecture de Dabola recèle d’importantes richesses minières, notamment de la bauxite en grande quantité, de l’uranium et du fer. Pourtant, l’exploitation de ces ressources peine à décoller, faute d’infrastructures adaptées et d’un engagement ferme des autorités.

Ce mercredi, certains responsables de la Direction préfectorale des Mines et de la Géologie de Dabola ont fait le point sur la situation au micro de notre correspondant.

Un potentiel géologique exceptionnel

Comparé aux autres régions minières du pays, le sous-sol de Dabola représente un « véritable scandale géologique », selon Aboubacar Camara, doyen et chargé d’études à la Direction préfectorale des Mines et de la Géologie.

« Le sol de Dabola est très riche en bauxite, avec une présence confirmée d’uranium et d’autres minerais stratégiques utilisés dans les nouvelles technologies. La couche de bauxite de Dabola est plus profonde que celle de la Basse-Côte, avec une teneur variant entre 45 et 70 %. Contrairement à d’autres zones de Haute-Guinée, la présence d’or y est faible, mais des indices encourageants ont été détectés, notamment à Bissikirima et Toumania. »

Selon lui, la préfecture compte 13 sites miniers riches en bauxite et pauvres en silice. De plus, deux autres sites situés à Tougué sont rattachés à cette zone, raison pour laquelle la Société des Bauxites de Dabola et Tougué (SBDT) s’y était installée pour exploiter ces ressources.

Pourquoi la SBDT n’est-elle plus opérationnelle ?

Créée en juillet 1992 grâce à une convention signée entre le gouvernement guinéen et une société iranienne, la SBDT avait obtenu un contrat de 24 ans pour l’exploitation de la bauxite de Dabola. Les premiers résultats étaient prometteurs, et les activités avaient bien démarré.

Cependant, au début des années 2000, la société s’est retrouvée confrontée à un obstacle majeur : l’évacuation du minerai.

« L’exploitation s’est arrêtée lorsque le chemin de fer passant par Dabola a été démantelé par le gouvernement de l’époque. Sans infrastructure ferroviaire, la société n’avait plus les moyens logistiques d’évacuer la bauxite vers la côte. Finalement, elle a quitté le pays avant même la fin du contrat », explique notre interlocuteur.

Depuis, la préfecture de Dabola voit ses richesses minières dormir sous terre, en l’absence d’investissements et de projets concrets pour relancer l’exploitation.

Une relance possible grâce au chemin de fer de Simandou ?

Aujourd’hui, une solution semble envisageable : raccorder Dabola au chemin de fer de Simandou, qui passe par Marela, à moins de 80 kilomètres.

« Si nous réalisons des études pour relier Dabola à cette ligne ferroviaire, l’évacuation du minerai deviendrait possible. Cela ouvrirait la voie à une exploitation rentable de la bauxite locale et relancerait le secteur minier dans la région », estime Aboubacar Camara.

Un appel pressant aux autorités

Face à cette situation, Ansoumane Konaté, directeur préfectoral des Mines et de la Géologie de Dabola, interpelle le ministère de tutelle.

« Nous demandons au ministère des Mines et de la Géologie de se rendre sur place pour constater la réalité. Dabola est l’une des zones minières les plus prometteuses de la Guinée. Nous envoyons régulièrement des rapports, mais il est essentiel que les autorités les prennent en compte. Si l’exploitation reprend, cela pourrait réduire le chômage des jeunes et augmenter les recettes de l’État. Le secteur minier de Dabola a un avenir prolifique. »

En attendant une décision du gouvernement, la préfecture de Dabola continue d’attendre son heure, assise sur une richesse minérale encore inexploitée.

Depuis Dabola, Ahmed Tidiane Condé,.pour Laguinee.info.

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