mercredi, février 26, 2025
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« C’est inacceptable que jusqu’à présent la Guinée n’ait toujours pas un opérateur de téléphonie mobile», Mamy Diaby

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Lors du deuxième jour du Forum Économique d’Émergence en Guinée (FEEM), Mamy Diaby, PDG de HA2M TECHNOLOGY et ancien directeur général adjoint de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT), a dressé un bilan des progrès réalisés dans le secteur numérique guinéen. S’il reconnaît des avancées significatives, il pointe du doigt des défis majeurs, notamment l’absence d’un opérateur télécom national.

Des progrès indéniables grâce aux infrastructures numériques

Face à un auditoire attentif, Mamy Diaby a rappelé le chemin parcouru en matière de numérique en Guinée. Il y a 15 à 20 ans, seulement 42 000 Guinéens avaient accès à Internet. Aujourd’hui, plus de 50 % de la population est connectée, un progrès attribué aux investissements massifs de l’État et du secteur privé.

Parmi les initiatives majeures, il a souligné le câblage sous-marin et l’extension du réseau de fibre optique, qui ont permis une connectivité plus stable et plus large. « Avant, quand il pleuvait, les réseaux devenaient instables. La fibre optique offre une meilleure résilience, favorisant une croissance soutenue du nombre d’utilisateurs », a-t-il expliqué.

Une révolution numérique au quotidien

Les innovations technologiques ont profondément transformé les habitudes des Guinéens. Mamy Diaby a notamment mis en avant le développement des services financiers numériques, citant en exemple la possibilité d’envoyer de l’argent d’une ville à l’autre en quelques secondes, un fait impensable il y a deux décennies.

« Il y a 10 ou 20 ans, qui aurait cru que je pouvais rester à Conakry et envoyer de l’argent à un parent à Dabola ? Ça, c’est une innovation ! », a-t-il lancé.

Une vision politique encore floue

Cependant, malgré ces avancées, Mamy Diaby estime que le développement du numérique en Guinée souffre d’un manque de vision politique claire. Il a insisté sur l’importance d’une stratégie nationale cohérente pour accélérer la transformation numérique du pays.

« On ne peut pas développer le numérique sans une volonté politique affirmée. L’État doit faire davantage d’efforts pour structurer le secteur », a-t-il déclaré.

Un monopole dangereux pour le marché

L’un des points les plus critiques de son intervention a concerné l’absence d’un opérateur télécom national. Selon lui, il est inadmissible qu’en 2024, la Guinée ne dispose toujours pas de son propre opérateur mobile et qu’un seul acteur privé domine le marché.

« C’est inacceptable que jusqu’à présent la Guinée n’ait toujours pas un opérateur de téléphonie mobile. Aujourd’hui, il y a un monopole, et une entreprise qui contrôle seule un marché, c’est dangereux. »

Il a également dénoncé le fait que le point de GN (gestion du réseau national) ne soit toujours pas rapatrié, ce qui, selon lui, limite l’autonomie numérique du pays.

Des défis à relever pour une souveraineté numérique

Si les avancées du numérique en Guinée sont notables, M. Diaby rappelle que le combat est loin d’être terminé. Diversifier les acteurs du marché, renforcer la concurrence et structurer une stratégie politique solide sont, selon lui, des impératifs pour assurer un développement numérique durable.

Le message est clair : le numérique guinéen a progressé, mais il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre une véritable indépendance technologique.

 

IAC, pour Laguinee.info 

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