mercredi, février 26, 2025
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Koundouwaka aux artistes : . «On doit arrêter d’insulter les autres pour gagner sa vie»

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La scène musicale guinéenne est-elle en train de se transformer en une plateforme de règlements de comptes politiques ? C’est la question que soulève Abraham Sonty, alias Koundouwaka, dans une récente déclaration qui fait grand bruit. L’artiste, connu pour son franc-parler et son engagement, dénonce avec véhémence la montée des discours haineux et des insultes dans le milieu artistique, sous couvert de soutien au président de la transition, Mamadi Doumbouya.

Quand l’insulte remplace l’art

Dans une industrie musicale censée véhiculer des messages d’espoir, d’amour et de critique constructive, certains artistes semblent avoir pris un autre chemin : celui de l’invective et de la provocation. Pour Abraham Sonty, cette tendance est dangereuse. « On doit arrêter d’insulter les autres pour gagner sa vie. Même pour la cause de ta propre mère, tu n’as pas le droit d’insulter, même pour un président, on n’a pas le droit d’insulter les autres », rapportent nos confrères de Mosaiqueguinee.com.

Selon lui, le rôle d’un artiste ne se limite pas à divertir, mais aussi à inspirer et éduquer. Or, lorsque la musique devient un instrument de division et de propagande, elle perd son essence. L’artiste ne mâche pas ses mots : « Celui qui insulte pour sa popularité n’est pas un artiste. Un artiste n’insulte pas, il est une référence, un exemple pour sa société. »

Sonty va plus loin en exhortant la population à ne plus cautionner ces dérives : « On n’a pas le droit d’applaudir les artistes qui insultent, on n’a pas le droit de les accepter. La population, elle-même, doit les bannir. Parce que c’est à elle de condamner de telles pratiques. »

Un entourage présidentiel complice ?

Mais l’artiste ne s’arrête pas à ses collègues musiciens. Il pointe également du doigt l’entourage du président Mamadi Doumbouya, qu’il juge défaillant dans sa gestion des artistes qui se livrent à ce genre de pratiques.

« Je me dis que l’entourage du président doit beaucoup travailler. Tous ceux qui se mettent à insulter, c’est parce qu’il y a quelque chose qui manque. Sinon, tout le monde dit que le président travaille. »

Selon Sonty, certains proches du chef de l’État laissent prospérer un climat où la flatterie outrancière et l’agressivité verbale sont encouragées, au détriment du débat d’idées. Il accuse ces conseillers de favoriser un environnement où critiquer le président devient une « hérésie », alors même que toute démocratie a besoin de contradictions pour avancer :

« On n’a pas besoin de ridiculiser, de honnir, d’effrayer les gens pour que le président s’éternise au pouvoir. »

Un tacle direct à ceux qui, selon lui, entretiennent un climat d’intimidation et de censure sous couvert de loyauté envers la transition.

Doumbouya, un « Moïse » qui doit encore prouver ?

Abraham Sonty rappelle qu’il fut l’un des premiers à voir en Mamadi Doumbouya un espoir pour la Guinée, le comparant à Moïse, venu libérer un peuple en quête de changement. Mais aujourd’hui, l’artiste semble déçu par la tournure des événements.

Plutôt que d’encourager un vrai dialogue national, il observe une montée du culte de la personnalité et de l’intolérance face à la critique. « Dès que tu prononces le nom de Doumbouya, les médiocres, ceux qui veulent des postes, même si tu le conseilles, ils voient ça en mal. »

Pour lui, l’avenir du pays repose sur une union sincère de tous les acteurs de la société : « Si tous les Guinéens s’unissent aujourd’hui pour que Doumbouya fasse un bon changement, je vous jure, il va le faire. Nous devons faire un mouvement d’ensemble : citoyens, syndicats, religieux, sages, et nous donner la main pour que les choses avancent dans notre pays. »

La Guinée, pays de l’applaudimètre ?

Mais son constat final est amer. Selon lui, une certaine passivité collective empêche une réelle transformation :

« Seul le Guinéen peut applaudir pendant cinq ans sans savoir pourquoi il applaudit. Le Guinéen aime l’ambiance même s’il ne mange pas. »

Une critique acerbe de cette tendance nationale à accepter l’animation et les discours creux au détriment de l’analyse critique.

Un avertissement en guise de conclusion

À travers cette sortie musclée, Abraham Sonty pose une question cruciale : la musique guinéenne veut-elle rester une force culturelle respectée ou se transformer en un instrument de règlements de comptes politiques ?

Entre insulte et engagement, il invite ses confrères à choisir.

Laguinee.info

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