lundi, mars 31, 2025
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Côte d’Ivoire : condamnation de deux cadres du PPA-CI, l’opposition dénonce une manœuvre politique

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La justice ivoirienne a condamné, mercredi à Abidjan, Damana Adia alias Pickass et Koua Justin, deux cadres du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), à dix ans de prison ferme. Poursuivis pour troubles à l’ordre public et incitation insurrectionnelle dans le cadre des violences pré-électorales de 2020, ils n’ont toutefois pas fait l’objet d’un mandat de dépôt.

Le verdict a immédiatement suscité l’indignation du PPA-CI, qui dénonce une volonté du pouvoir en place d’affaiblir l’opposition à l’approche de la présidentielle de 2025. Son secrétaire général, Tchéïdé Gervais, voit dans cette décision une stratégie visant à “maintenir la tête sous l’eau à des cadres importants du parti” et à éliminer toute menace politique pour le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).

Un calendrier judiciaire contesté

L’affaire prend une tournure encore plus sensible avec la condamnation de Damana Adia dans un second dossier. L’ancien vice-président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI a écopé d’une peine de dix ans de privation de ses droits civils et de cinq ans d’interdiction de paraître sur le territoire, pour atteinte à la défense nationale, association de malfaiteurs et complot contre l’autorité de l’État, en lien avec l’attaque contre le camp militaire d’Abobo Kouté en 2021.

Le procureur de la République assure que la tenue du procès n’a aucun lien avec l’élection présidentielle d’octobre 2025. Un argument balayé par le PPA-CI, qui conteste une coïncidence troublante. “Nous allons nous mobiliser pour dire au pouvoir d’arrêter d’emprisonner les cadres du PPA-CI, mais nous ne nous laisserons pas détourner de notre objectif : préparer l’élection du président Laurent Gbagbo”, a martelé Tchéïdé Gervais.

Une opposition en quête d’unité face à Ouattara

Si la question d’une candidature unique de l’opposition n’est pas encore tranchée, le PPA-CI affirme collaborer avec d’autres formations pour faire face à une éventuelle nouvelle candidature du président Alassane Ouattara. Un enjeu crucial pour le parti, qui maintient son soutien à Laurent Gbagbo malgré sa radiation de la liste électorale en raison de sa condamnation à 20 ans de prison pour l’affaire de la BCEAO.

L’opposition pourra-t-elle se structurer face au RHDP ? Entre batailles judiciaires et préparatifs électoraux, la route vers 2025 s’annonce tumultueuse.

Laguinee.info

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