jeudi, avril 3, 2025
spot_img
spot_img

Arrestations arbitraires en Guinée : qui sera la prochaine cible ?

À LIRE AUSSI

La nuit du 19 février 2025, restera marquée comme une sombre illustration de la dérive autoritaire que prend la transition en Guinée. Abdoul Sako, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée, a été arrêté chez lui dans des conditions d’une brutalité inouïe. Ce militant engagé, qui s’était illustré ces derniers mois par des critiques acerbes contre la junte militaire, paye aujourd’hui le prix de son franc-parler. Son crime ? Avoir exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Un enlèvement digne d’un État policier

Ce n’est pas une simple interpellation qui a eu lieu, mais une véritable opération d’intimidation orchestrée par les forces spéciales. Selon des témoins, avant même d’atteindre la maison de Sako, ces agents, lourdement armés, ont fait irruption chez ses voisins, les ligotant et les forçant à révéler son adresse. Une méthode qui témoigne d’un mépris total des droits fondamentaux.

Arrivés sur place, ils ont trouvé la porte close. L’épouse d’Abdoul Sako, prudente face à cette descente nocturne, a refusé d’ouvrir. Lui-même a voulu s’exécuter, mais en a été empêché par sa famille. C’est alors que les forces spéciales ont choisi une voie plus expéditive : détruire le plafond en plâtre de la terrasse pour s’introduire de force.

Dans la scène qui a suivi, Sako a été violemment maîtrisé sous les yeux de sa mère, de son épouse et de ses enfants en pleurs. Ni son statut, ni la présence de sa famille n’ont freiné la brutalité de ses ravisseurs. Ils l’ont ensuite embarqué à bord de véhicules 4×4 vers une destination inconnue.

Un signal d’intimidation clair et inquiétant

Ce qui est arrivé à Abdoul Sako n’est pas un fait isolé. C’est un message envoyé à tous ceux qui osent encore critiquer la junte. Ces derniers mois, les arrestations arbitraires se sont multipliées en Guinée, visant opposants politiques, activistes et journalistes. L’étau se resserre désormais sur la société civile.

Depuis des mois, Sako dénonçait la gestion floue de la transition et la volonté apparente du pouvoir militaire de s’éterniser. Il mettait en garde contre une confiscation du pouvoir et réclamait un calendrier clair pour le retour à la démocratie. Cette arrestation brutale montre que la junte n’entend pas négocier, mais imposer le silence.

En procédant ainsi, le régime espère faire taire la contestation. Mais cette stratégie est-elle viable ? Peut-on réellement gouverner un pays par la peur et la répression, sans créer à terme un rejet massif ? L’histoire a prouvé que les régimes autoritaires finissent toujours par être rattrapés par leur propre brutalité.

Qui sera la prochaine cible ?

La question qui hante désormais les esprits est simple : qui sera le prochain ? Après les figures de l’opposition, après les journalistes, après les activistes, à qui le tour ? Cette logique d’intimidation ne connaît aucune limite et pourrait bientôt s’étendre à toute personne osant exprimer une pensée dissidente.

Pourtant, cette fuite en avant répressive ne peut masquer l’évidence : un régime qui s’impose par la force est un régime en sursis. La peur peut, un temps, étouffer les voix, mais elle ne suffira pas à contenir la soif de justice et de liberté du peuple guinéen.

Arrêter un homme ne signifie pas arrêter ses idées. L’exigence d’une transition transparente et d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel reste plus que jamais d’actualité. Et chaque acte de répression ne fait qu’amplifier la nécessité de ce combat.

 

Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS