Dans un climat politique déjà sous haute tension, le Mali se trouve à nouveau plongé dans une polémique suite à l’enlèvement présumé de Daouda Magassa, figure clé de la CMAS (Coordination des mouvements et associations sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko). L’événement survient à un moment où les soutiens de l’imam Dicko, exilé en Algérie, évoquent son retour imminent.
Selon des témoins cités par RFI, Daouda Magassa aurait été embarqué de force par des hommes en civil mercredi soir à Bamako, à proximité d’une mosquée. Ce collaborateur de longue date de l’imam Dicko, connu pour son opposition farouche aux autorités militaires maliennes, faisait l’objet de menaces de mort et d’une surveillance rapprochée depuis plusieurs jours. Ces méthodes, que certains imputent à la Sécurité d’État, soulèvent des interrogations sur l’implication directe du pouvoir dans cette affaire.
Une disparition lourde de sens
Ce n’est pas la première fois que l’entourage de l’imam Dicko est ciblé. En juin dernier, un autre collaborateur, Youssouf Diawara, avait été enlevé dans des circonstances similaires avant d’être condamné pour « opposition à l’autorité légitime » et finalement libéré. Plus récemment, Ahmadou N’Dounga Maïga avait été empêché de voyager sans explications. Ces événements semblent orchestrés pour museler les soutiens de Dicko, qui envisagent de ramener leur leader à Bamako dès le 14 février.
Une opposition qui dérange
Ancien président du Haut Conseil Islamique et voix influente au Mali, Mahmoud Dicko demeure une figure controversée. Exilé depuis plus d’un an, il continue de rassembler des sympathisants, malgré la dissolution de la CMAS en mars dernier, une décision contestée devant les tribunaux. Le retour de l’imam pourrait être un défi majeur pour les autorités de transition, déjà fragilisées sur la scène nationale et internationale.
Des tensions régionales et internationales
Ce nouvel épisode s’ajoute à un contexte global marqué par des crises multiples : la guerre en Ukraine, les tensions en Syrie et les conflits dans l’Est de la RDC. Les troubles au Mali, bien qu’éloignés géographiquement, s’inscrivent dans une dynamique mondiale où la stabilité des États africains joue un rôle crucial. Les regards sont désormais tournés vers Bamako pour voir si ce énième incident marquera un tournant dans les relations entre la junte et ses opposants.
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