L’Agence Nationale du Volontariat Jeunesse (ANVJ) a célébré ce jeudi, à Conakry, la Journée Internationale des Volontaires dans un réceptif hôtelier. Organisée en différé, cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des cadres gouvernementaux, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, Kéamou Bogola Haba, rapporte un journaliste que Laguinee.info a dépêché sur place.

Un événement pour sensibiliser et mobiliser
Macka Baldé, directeur général de l’ANVJ, a ouvert la cérémonie en rappelant l’importance de cette journée pour le volontariat local.
« Chaque journée internationale représente pour les Agences Nationales de Volontariat une occasion pour informer le public des enjeux majeurs sur la situation du volontariat au niveau local et permettre au système des Nations Unies, au pouvoir public, à la société civile et aux partenaires au développement d’organiser des activités de sensibilisation et de plaidoyer pour la mobilisation des ressources », a-t-il déclaré.

Former la jeunesse pour relever les défis
Dans son allocution, le ministre Kéamou Bogola Haba a mis l’accent sur l’éducation et la formation des jeunes comme solutions aux défis économiques et sociaux du pays.
« Notre jeunesse est au chômage. Tout le monde le dit. Mais pendant ce temps, il y a beaucoup de nos jeunes qui n’iront pas à l’école. Et notre taux d’analphabétisme aujourd’hui, c’est 68 %. Je ne sais pas si vous êtes tous au courant de ces statistiques. Alors, comment allons-nous faire ? Combien de jeunes, parmi nous, font des cours à domicile à Conakry ? Combien prennent le temps d’apprendre à lire et à écrire à l’ensemble de notre population ? 68 % ! Comment voulez-vous que notre pays se développe avec cela ?»
Plus loin, il ajoute: « Et parmi ces 68 %, le plus gros taux se trouve au niveau de la jeunesse féminine. Et vous connaissez le rôle que jouent les femmes dans nos sociétés. Si les femmes ne savent pas lire et écrire, comment voulez-vous qu’on relance notre économie, notre nation, avec ce taux ? Alors, il faut des volontaires pour pouvoir absorber ces gaffes. »
Le ministre a également encouragé les jeunes à s’engager dans le volontariat: « La formation de la jeunesse constitue forcément une alternative pour développer le pays. En s’intéressant au volontariat, les jeunes peuvent acquérir des savoirs et des compétences tout en contribuant au développement de la Guinée.»
Des besoins pressants dans l’éducation et la santé
Lors de cette journée, les représentants des ministères de l’Éducation nationale et de la Santé ont exposé les difficultés rencontrées dans leurs secteurs respectifs. Le représentant de l’Éducation nationale a évoqué un besoin urgent de 10 000 enseignants, précisant que 4 000 d’entre eux pourraient être comblés par des volontaires.

Mme Marie Antoinette Lonas, conseillère chargée de mission au ministère de la Santé, a présenté une situation similaire dans le secteur de la santé: « Nous faisons un plaidoyer auprès des agences de volontariat pour un appui de plus de 1 000 médecins volontaires dans les hôpitaux guinéens », a-t-elle déclaré.
Appel à une action collective
Le représentant résident adjoint du PNUD, Alhassane Bah, a salué les contributions des volontaires tout en insistant sur la nécessité d’une collaboration entre acteurs: « Et cet appui peut être un appui technique, une contribution, parce que ce que le volontaire perçoit en termes de rémunération n’est pas le juste salaire des efforts qu’il déploie, mais c’est une indemnité pour lui permettre de subvenir à ses besoins.»

Et d’ajouter : «Je voudrais aussi dire que nous avons écouté attentivement les représentants des différents ministères, notamment l’Éducation et le ministère de la Santé, sur leurs besoins. Ceci nécessite une mobilisation de tout le monde, de toutes les agences ici présentes, mais aussi de l’ensemble des parties présentes de la société guinéenne. Mettre un enseignant dans une école à Labé, à Kindia, à Boké ou à Mali, c’est contribuer à faire en sorte que les enfants de demain, les adultes de demain, les responsables de demain puissent bénéficier d’une éducation. Mettre un agent de santé dans un centre de santé à l’intérieur, c’est permettre à nos sœurs, nos frères qui sont en milieu rural, de pouvoir bénéficier de soins de santé adéquats. Donc c’est un besoin qui s’adresse à tout le monde. Et nous devons ensemble voir dans quelle mesure nous pouvons contribuer à prendre tout ou partie de ce besoin en termes d’enseignants et de personnel de santé. »
Cette célébration a permis de mettre en lumière les efforts des volontaires et l’importance du volontariat dans le développement socio-économique de la Guinée. Elle a aussi rappelé l’urgence de renforcer la collaboration entre les acteurs publics et privés pour combler les besoins exprimés.
Ibrahima Alhassane Camara, pour Laguinee.info





