Dans une maison ordinaire du quartier de Tombolia, à Conakry, une scène étrange s’est déroulée le 9 décembre dernier. Onze valises et trois cartons étaient soigneusement entreposés, non pas remplis de vêtements ou de souvenirs de voyage, mais de comprimés de Tramadol. Une quantité vertigineuse : 588 900 pilules, soigneusement emballées, comme prêtes à envahir les rues de la capitale.
L’opération a commencé dans le silence. Les services spéciaux de la lutte contre la drogue et le crime organisé avaient suivi une piste discrète, basée sur des renseignements minutieusement collectés. Ce n’est que le 12 décembre, lors d’une conférence de presse, que le Colonel Amara Sayon Traoré a dévoilé les détails de ce coup de filet.
« C’est grâce à la vigilance et à la détermination de nos équipes que cette saisie a été possible, avec le soutien précieux de la présidence », a-t-il affirmé devant les journalistes. Les valises, exposées comme des trophées, semblaient raconter une autre histoire : celle d’un réseau bien rodé qui opère dans l’ombre, alimentant les travers d’une jeunesse déjà fragilisée.
Le poison silencieux
Le Commissaire principal de police Foromo Soropogui a ensuite pris la parole, évoquant l’impact dévastateur de ces comprimés surdosés de 225 mg et 250 mg. « Ce n’est pas un simple médicament, mais une menace publique. Pris sans prescription médicale, il transforme des vies, altère les comportements et, dans le pire des cas, conduit à la mort », a-t-il déclaré, le regard grave.
À Tombolia, pourtant, le principal suspect, celui chez qui cette cargaison a été trouvée, avait déjà pris la fuite. Ses voisins, visiblement plus responsables, ont coopéré avec les forces de l’ordre pour fournir des informations utiles. Mais l’évasion du principal acteur soulève une question inquiétante : combien d’autres « maisons pharmaceutiques clandestines » se cachent encore dans les quartiers de Conakry ?
Une lutte sans fin ?
Le Colonel Traoré a assuré que cette saisie n’était qu’une étape dans une bataille de longue haleine. « Nous sommes déterminés à débarrasser notre pays de ce fléau. Ce combat est notre priorité. » Mais derrière ses mots, une réalité persiste : le trafic de drogue, bien qu’illégal, reste un commerce lucratif qui se joue des frontières et des autorités.
À Conakry, l’ombre du Tramadol plane toujours. Si cette saisie est un soulagement, elle rappelle aussi que la route est encore longue avant que Tombolia – et toute la capitale – ne soient débarrassées de ce poison insidieux.
Laguinee.info





